mercredi 29 juin 2022

Méliès à Bologne

Le jeudi 30 juin 2022, à 22h, sera projeté en plein air, sur la Piazetta Pier Paolo Pasolini de Bologne, Le Voyage dans la Lune de Georges Méliès (1902). Je ne serai pas sur place, toutefois j'en ai rédigé la notice pour le catalogue du prestigieux festival "Il Cinema Ritrovato".

On trouvera ce petit texte en ligne à l'adresse suivante: https://festival.ilcinemaritrovato.it/proiezione/best-of-1902-2/



Pour rappel: on peut retrouver mon texte original (en français et sa traduction anglaise) dans les deux livres ci-dessous. Son titre: "Le Voyage dans la Lune: un film composite".



dimanche 26 juin 2022

Tho-Radia à Vichy

C'était le 3 avril 2022. J'intervenais à Vichy à l'occasion d'une séance délocalisée de la Société d'histoire de la pharmacie. Le titre de ma communication était le suivant: "Tho-Radia à Vichy".

La vidéo ci-après, outre un rappel sur cette célèbre marque de cosmétique, permettra de mieux comprendre les raisons du transfèrement à Vichy de la société qui produisait et commercialisait Tho-Radia.

Il ne s'agit là que d'un aperçu. On trouvera de nombreuses informations complémentaires dans l'ouvrage Les Métamorphoses de Tho-Radia (Glyphe, 2012).

Il sera également question de ce produit en septembre 2022, cette fois-ci à Milan. On aura l'occasion d'en reparler.


samedi 25 juin 2022

Salut Albert !

Tout le monde aimait Albert Montias (1940-2022), véritable légende vivante de Jussieu à l'époque (ô combien regrettée) où l'Université Paris 7 et l'UF CCI y tenaient leurs quartiers. Toujours drôle, toujours sympa, toujours dans l'autodérision et volontiers sarcastique. Avec aussi cette petite pointe de mélancolie qui le rendait si attachant. 

C'était l'"ambianceur" jovial d'un collectif hétéroclite, et les étudiants l'adoraient. En fait, l'UF CCI, c'était surtout Albert...



1972


Il faut l'écouter chanter ces paroles immortelles de Gotlib: "Je suis un mauvais Français / Un gastronome au rabais / Pour la bouffe je suis zéro / Mea culpa Gault et Millau."

vendredi 24 juin 2022

Soirée "Radios locales"

Ça se passera le 29 juin 2022 à l'espace L'Harmattan, 21 bis rue des Écoles (Paris). 

Je ne pourrai malheureusement pas y être, mais Sebastien Poulain animera cette soirée de main de maître.

Avec les excellentes et excellents Marine Beccarelli, Étienne Damome, Raphaël Dapzol, Philippe Marty, Pascal Ricaud et Nozha Smati.

Il faut s'inscrire à l'adresse électronique indiquée dans l'invitation ci-dessous.



lundi 20 juin 2022

Un dimanche

Alors voilà... Dimanche matin, j'ai d'abord lu deux mémoires de master, parce qu'il faut assurer jusqu'au bout. Puis j'ai choisi six illustrations pour le bouquin qui sortira en septembre. 

En fond musical, j'écoutais un CD de Kate Bush. J'ai toujours bien aimé Kate Bush. 

Quand je pense qu'à l'heure où j'écris, Running Up That Hill est en tête des charts aux États-Unis, en Angleterre, en Australie, etc. Tout ça à cause d'une série télévisée que je ne verrai jamais, car je n'ai pas de télé fort heureusement. 

C'est incroyable comme les gens peuvent être comme avant. Il y a 36 ans, j'adorais déjà passer cette chanson dans la station de radio où je me défoulais, comme le montre le document ci-après (daté du 10 novembre 1986... Marie-Claire Buzy, c'était également moi... Hounds of Love est le titre générique de l'album). 

À ce rythme-là, les jeunes générations redécouvriront bientôt Cloudbusting et l'hommage qu'y rend Kate à Wilhelm Reich.



Le midi, j'étais sur une île au milieu de la Seine. En fait, nous étions deux, comme depuis si longtemps. Végétation foisonnante et clapotis de l'eau... Je suis resté une bonne demi-heure à rêvasser à l'endroit précis où Monnet et Renoir avaient planté leurs chevalets en 1869. J'adore voyager dans le temps. Une péniche immatriculée à Bruges est passée et une pie s'est mise à sautiller sur les traces de Maupassant.

En fin d'après-midi, pour passer le temps sans le perdre, j'ai écrit une note de 4 à 5000 signes. Il y est question de Coral Gables, une ville située à côté de Miami, et ça paraîtra dans quelques mois.

À partir de 20h, j'ai dépouillé des bulletins de vote à la mairie. La jeune fille sur ma gauche était étudiante en criminologie, et le gars à droite n'était pas très sûr de lui. Un hurluberlu avait déchiré ses deux bulletins de vote en plein de petits morceaux, puis les avait glissés dans l'enveloppe. Le maire et ses assesseurs ont dû parapher chacun de ces fragments, parce que telle est la règle. 

Vers 20h30, notre députée est venue jeter un coup d'œil pour voir si le dépouillement se passait bien. Ça se passait bien. Bref, tout ça m'a distrait et je n'ai rien entendu des rodomontades populistes qui me gonflent sérieusement depuis quelques mois.

Au retour, j'ai lu quelques chapitres de La Passe dangereuse de Somerset Maugham... la Chine... la chaleur... le choléra... Encore une conséquence du dérèglement climatique me direz-vous, mais ça se passait il y a près de cent ans.

Le tonnerre m'a réveillé dans la nuit. Grâce à lui, je sais désormais comment débutera un de mes deux prochains bouquins: en février 1987, très précisément, et il y aura un scoop. 

Les oiseaux se sont mis à chanter vers 4h30 du matin. Dans le ciel, un avion brûlait son kérosène pour transporter quelques dilettantes d'une prison à l'autre. 

jeudi 16 juin 2022

Philippe Vannini 1987

Ce jeudi matin, je suis intervenu par téléphone dans l'émission-hommage que Radio Aligre a consacrée à son ancien directeur Philippe Vannini (1953-1921). J'en suis très honoré, car j'appréciais cet homme.



Le timing serré du programme et une certaine confusion dans le studio ne m'ont cependant pas permis de développer l'extraordinaire histoire de "Réseau Liberté" (juillet-septembre 1987), que je considère comme un des derniers avatars du mouvement des radios dites "libres". 

J'avais conté cette petite épopée dans un texte publié en 2017 dans les Cahiers d'histoire de la radiodiffusion. Je l'avais complètement oublié et je l'ai relu hier avec bonheur. Ça m'a replongé dans cette année 1987. 



À l'époque, je m'étais un peu éloigné des studios (j'allais y revenir pour quelques mois à partir d'octobre 1987), mais j'étais partie prenante dans un projet radiophonique déposé auprès de la Commission nationale de la communication et des libertés (CNCL). 

J'ai dans mes archives une photographie du studio de Radio Aligre, prise probablement le 28 juillet 1987, à l'occasion du Réseau Liberté. Elle m'a été confiée par la regrettée Malvina (une autre personnalité incroyable de l'époque sur laquelle j'aurai très certainement l'occasion de revenir). On y voit à gauche Malvina, et à droite Philippe Vannini. Au milieu, je ne sais pas trop...



Archives Thierry Lefebvre.


mardi 14 juin 2022

Trois secondes dans la vie d'un homme

Je pense avoir été le seul à filmer ça. Le policier est vraiment sympa. La suite est encore plus croustillante. 

Allez savoir pourquoi, depuis j'ai vraiment du mal à prendre le bonhomme au sérieux.

Qui est-ce? où? quand? 

Je vous laisse deviner...



Images : Thierry Lefebvre.


J'en profite pour signaler que j'en aurai bientôt fini avec l'Université. Avec un réel soulagement, je l'avoue. Plus besoin désormais d'aller "faire tourner des ballons sur mon nez" (pour reprendre la fameuse formule de Beau Dommage qui me sert de philosophie depuis mon adolescence). 

Ce blog, qui changera de nature dans quelques semaines, sera désormais le seul point de contact pour celles et ceux que mes élucubrations intéressent. J'en ai encore à revendre.

jeudi 9 juin 2022

Pepper-tree

Et voilà... un nouvel ouvrage achevé au terme d'un voyage de quelques mois. 

Ça se termine sur ces trois phrases d'Antonin Artaud: 

"La maladie est un état. La santé n'en est qu'un autre, plus moche. Je veux dire plus lâche et plus mesquin. Pas de bien portant qui n'ait un jour trahi, pour n'avoir pas voulu être malade, comme tels médecins que j'ai subis."

Et sur mon lecteur de CD (hé oui!), pendant que je peaufine, une chanson de Cocteau Twins tourne en boucle... Merci Artaud, merci Elizabeth Fraser, merci Robin Guthrie, merci Simon Raymonde, merci pour ce voyage!



Cocteau Twins : Pepper-tree (1984).

D'autres aventures se profilent... Elles me prendront tout le temps qu'il me reste.

lundi 6 juin 2022

Vive la princesse !

Que c'est beau, La Princesse de Clèves! En toute sincérité, je ne comprends pas qu'on puisse ne pas apprécier...



Salon du Livre, 18 mars 2012. Images : T. Lefebvre.

mercredi 1 juin 2022

Voyage en Underwood

J'écoutais hier soir la première partie de l'adaptation du Grand Meaulnes, que vient de diffuser il y a deux semaines France Culture. Il s'agissait de la mémorable séquence d'ouverture, l'étrange et féerique fête d'enfants.

Je me suis mis à repenser à un texte que j'avais consacré, en 2008, à Mathieu-Georges Gilbert (1869-1956), le pharmacien auquel nous devons la transcription dactylographiée de l'inextricable fouillis du manuscrit d'Alain-Fournier.



Mathieu-Georges Gilbert.


Très jolie aventure que celle vécue par ce "petit pharmacien" (pour reprendre le qualificatif d'André Gide), qui fut un des premiers abonnés de la Nouvelle Revue Française et auquel on confia successivement les dactylographies de L'Otage de Paul Claudel (premier livre mis en vente par le comptoir d'éditions de la NRF, c'est-à-dire les futures éditions Gallimard), de L'Annonce faite à Marie du même Claudel, et du Grand Meaulnes d'Alain-Fournier. Pour la raconter, je m'étais plongé à l'époque dans de nombreuses correspondances: André Gide/André Ruyters, André Gide/Jean Schlumberger, Paul Claudel/André Gide, André Gide/Jacques Rivière, Alain-Fournier/Jacques Rivière, etc. J'avais adoré.

On peut lire ce texte en cliquant sur ce lien: Mathieu-Georges Gilbert.

J'en profite pour dire que je suis sur le point de terminer un livre qui m'a bien pris la tête, au meilleur sens du terme. Là-aussi, beaucoup de lectures, de réflexion... et de boulot. On en reparlera à la rentrée prochaine.

samedi 28 mai 2022

Affaire Rimbaud

Si nous nous laissions aller, nous passerions notre temps à commenter les soubresauts de l'actualité, dans toute son indigence. La paraphrase du (prétendu) réel et sa glose ordinaire sont l'occupation préférée des désœuvrés, des sociologues et des politiciens, tous corps perdus, ballotés par l'incommensurable vacuité du présent déjà à l'imparfait.

Que s'est-il passé en octobre 1873? Qui se souvient ne serait-ce que d'un seul "événement" de cette époque révolue, en-dehors de quelques historiens?

Rien, je ne saurais rien dire sans l'aide pernicieuse d'une encyclopédie ou du web. La seule chose dont je suis certain, c'est que, ce mois-là, sortaient des presses bruxelloises de l'Alliance Typographique les quelque cinq cents exemplaires de l'édition originale (à compte d'auteur) d'Une saison en enfer. Je possède au moins cinq rééditions différentes de cet ouvrage, que je relis ou feuillette régulièrement. 

Voilà donc à quoi se résume pour moi octobre 1873 (il y a bientôt 150 ans): une goutte incandescente de génie dans un océan infini d'oubli. Qu'y écrivait Rimbaud entre autres choses? "Qu'étais-je au siècle dernier: je ne me retrouve qu'aujourd'hui. Plus de vagabonds, plus de guerres vagues. La race inférieure a tout couvert - le peuple, comme on dit, la raison; la nation et la science."

Truman Capote, lui, écrivait en mai 1947: "[...] une fois dispersées, une à une, les ruines des anciennes civilisations, la preuve est faite qu'il ne demeure que les poèmes, les tableaux, les sculptures et les livres."


La formidable chanson d'Hubert-Félix Thiéfaine: Affaire Rimbaud (1986).

mardi 24 mai 2022

Numérisations thermales

Overnia, la bibliothèque numérique du patrimoine de la métropole clermontoise, vient de lancer une nouvelle collection intitulée "Aux sources de l'Auvergne: tourisme et vie thermale du XVIIIe au XIXe siècle".

De nombreux ouvrages numérisés s'y répartissent d'ores et déjà en quatre grandes rubriques: "La vie dans les stations", "Aspects médicaux", "Les visiteurs célèbres" et "Historique et origines des stations". Plusieurs titres de la presse thermale complèteront très prochainement cette riche documentation.

On peut découvrir cette collection à cette adresse: https://overnia.bibliotheques-clermontmetropole.eu/decouvrir_collection.php?titre=Aux%20sources%20de%20l%27Auvergne%20:%20tourisme%20et%20vie%20thermale%20du%20XVIIIe%20au%20XIXe%20siècle

J'ai eu le plaisir d'assister aux premiers pas de ce projet il y a quelques années, et d'en suivre la progression. Félicitations à Maryline Pichot pour cette belle réalisation!


vendredi 20 mai 2022

Ask the Mountains

Vangelis Papathanassiou (1943-2022): un artiste nous a quittés et je suis bien triste. Je me rappelle encore le choc d'Albedo 0.39. Quand vous êtes adolescent, même sur un lecteur de minicassettes, ça vous ouvre les oreilles.

Ce bonhomme était un éclaireur. Encore merci!



Vangelis : Ask the Mountains (1995).
Voix : Stina Nordenstam.

jeudi 19 mai 2022

Le web "inclusionniste

Je parcourais hier la fiche Wikipédia d'Élisabeth Borne, notre nouvelle Première ministre. Quelle ne fut pas ma surprise de découvrir, en première "référence" de cette page, un petit texte que j'avais commis en 2010 dans la Revue d'histoire de la pharmacie.



J'y évoquais un épisode de la vie de Marcel Lescène, le grand-père maternel d'É. Borne. Cet homme, maire de Livarot et propriétaire d'une petite entreprise pharmaceutique jadis fort réputée (les laboratoires Lescène), eut le redoutable "privilège" d'être requis d'office au chevet d'Erwin Rommel, après que la Mercedes de ce dernier ait été mitraillée par un bombardier léger de la Royal Air Force. Le chauffeur fut tué sur le coup et la voiture s'encastra dans un arbre. Rommel perdit connaissance, et Lescène, seul professionnel de santé joignable ce jour-là, fut enjoint de donner les premiers soins au comateux.

L'historique des modifications de la page montre qu'un(e) certain(e) "Deans", qui se définit comme un(e) "abominable inclusionniste", procéda à cet ajout le 18 mai 2022 à 1h55 du matin. Un(e) couche-tard ou un(e) lève-tôt de toute évidence, qui écrit par ailleurs: "Je pense que toute notion (ou presque) est digne d'une entrée dans Wikipédia". Tout s'explique donc.



J'en profite pour signaler que la Revue d'histoire de la pharmacie fait un tabac sur Persée: en moyenne, 50 à 60 000 visiteurs uniques chaque mois! (Et encore, les six dernières années n'y sont pas en accès libre, n'étant consultables que sur papier et sur abonnement!) 

Voici le lien direct pour y accéder: https://www.persee.fr/collection/pharm

lundi 16 mai 2022

Tournez solariums !

Au Pavillon de l'Arsenal se tient actuellement l'exposition "Soutenir. Ville, architecture et soin". Je ne l'ai pas visitée (je n'aime pas trop le gloubi-boulga), mais je signale qu'on peut y voir en principe un des deux films consacrés au solarium tournant (celui d'Aix-les-Bains) du Dr Jean Saidman.

Je me souviens de ce moment d'intense émotion, lorsque les boîtes métalliques cabossées contenant ces documents précieux furent extraites, à ma demande plus qu'insistante, d'une sorte de grenier-capharnaüm. Restauré grâce à l'obligeance de Béatrice de Pastre et du CNC, le plus court de ces films n'a été montré qu'à deux reprises depuis: au cours d'une conférence donnée par mes soins sur le "patrimoine thermal", dans le bel amphithéâtre Buffon de l'Université Paris Diderot (voir ici); puis pendant la Fête de la Science 2015, aux Grands Moulins de cette même université, à l'occasion cette fois-ci d'une exposition éphémère (voir ici et ) dont j'ai conservé les panneaux.

L'"aventure Saidman" (car chaque recherche au long cours est une aventure) fut palpitante. Elle pourrait donner lieu à un récit. Le livre et les nombreux artefacts qui en découlèrent (voir ci-dessous) n'en donnent qu'une faible idée.




Pour rappel: 

- une émission de France Culture (https://www.radiofrance.fr/franceculture/podcasts/la-marche-des-sciences/les-solariums-tournants-du-docteur-saidman-rediffusion-6786857); 

- une vidéo d'Universcience (https://www.youtube.com/watch?v=fFevyaBBuSs); 

- un article de Pour la Science (https://www.pourlascience.fr/sd/medecine/l-age-d-or-des-rayons-de-sante-1726.php); 

- une association (https://solariumtournant.com/biennale-de-larchitecture-disparue-chapitre-1-le-cote-ombre/);

- etc.

vendredi 13 mai 2022

The Kruschen feeling

Comme Meursault, j'ai une passion pour le grand-père Kruschen. J'ai déjà évoqué son importance dans L'Étranger de Camus (voir ici). Cette fois-ci, je me suis intéressé, avec Cécile Raynal, à un masque publicitaire très rare et très curieux le représentant. L'article s'intitule "Quittez ce masque soucieux. À propos d'un objet publicitaire conçu pour les Sels Kruschen". C'est dans le n°414 de la Revue d'histoire de la pharmacie qui paraîtra en juin 2022. Le masque en question est même reproduit en couleur!



Dans le même numéro, j'évoque également plusieurs anecdotes littéraires: une hyperthermie simulée chez Alfred Jarry, et quelques autres petites choses sur Jean Bouhier, Blaise Cendrars, Somerset Maugham et Fredric Brown. Voilà ce que c'est que d'être un grand lecteur: rien ne se perd, tout se transforme.

Sinon, ces derniers jours, je suis allé sonner chez Jason Bourne. La scène de Waterloo Station (près d'un quart-d'heure quand même) est un véritable chef-d'œuvre...


mardi 10 mai 2022

Le calmant

C'est incroyable, le cerveau. Des mois passés à lire et accumuler de la documentation pour un ouvrage qui m'a été commandé, des semaines d'hésitations, de tergiversations, d'écriture besogneuse, presque d'inquiétude, à "tourner autour du pot": comment structurer ce magma, comment lui conférer une cohérence un tant soit peu satisfaisante, ne serait-ce que pour moi-même?

Et brusquement, l'"illumination" nocturne, une vision pénétrante qui structure l'ensemble comme "1+1 font 2". Et désormais, tout coule de source, les pièces du puzzle s'assemblent sans le moindre trébuchement.

Quelle chance de jouir -même bien trop épisodiquement- de cette faculté! Quelle consolation face à ce monde débilitant de matérialisme et de contingences, perclus de lectures faisandées, de propos pontifiants et de tribuns malfaisants!

Comme disait Artaud, "qui oserait nous mesurer le calmant?". Personne, tant que "je" peut devenir cet "autre" qui se terre au fond de lui.


jeudi 5 mai 2022

Radios périphériques

J'intervenais ce matin dans le cadre du 146e Congrès national des sociétés historiques et scientifiques, organisé par le CTHS au campus Condorcet d'Aubervilliers.

Le titre de ma communication était le suivant: "La centralité perdue des radios périphériques". En travaillant sur cette question, j'ai eu le bonheur de faire une découverte originale (en tout cas, il me semble). Je n'avais jamais entrevu ni lu l'évidence en question. Comme dans La Lettre volée de Poe, la vérité est parfois si aveuglante que des générations d'historiens passent à côté.

Quelle est cette évidence? Seuls mes auditeurs, pour la plupart spécialistes de l'Antiquité et de l'Orient médiéval, le savent désormais. J'adore ces situations incongrues, à mille lieues de la spécialisation stérilisante de l'université.  J'aurai bien entendu l'occasion d'y revenir plus largement, mais dans un cadre que je déciderai en temps voulu. "Temps voulu": j'aime bien cette expression. Ras-le-bol du temps subi!

Autre caractéristique de cette communication : aucun diaporama, aucun son, tout dans les poches... comme le montre la photo ci-dessous. Vive le gai savoir!


mercredi 4 mai 2022

Fribourg-Berne

De retour de Fribourg et de Berne, après un grand plein de découvertes, guidés par nos amis suisses - et en particulier l'inépuisable François Ledermann. Visites de magnifiques collections, rencontres avec des érudits, paysages magnifiques, calme et sérénité... Que demander de plus?




Auditorium Ewald Weibel et un échantillon du droguier de l'université de Berne.
Institut für Medizingeschichte (Universität Bern).

mardi 26 avril 2022

Quoique...

C'est facile, la politique! Vous vous présentez une fois... deux fois... trois fois... à la même élection (je vous laisse choisir le nom de l'homme ou de la femme politique). À chaque fois, vous vous bananez. Mais non... grâce à votre rhétorique à deux sous, vous arrivez à convaincre votre fan club que vous avez en réalité gagné, que ceux qui ont gagné ont perdu, que les premiers seront les derniers et autres balivernes jésuitiques. 

Vous promettiez, il y a seulement un mois, qu'on ne vous y reprendrait plus, que c'était la "der des ders", "place aux jeunes", etc. Mais non... Le (comment dites-vous déjà?) "peuple" vous raccompagne gentiment à la porte, et vous revenez par la fenêtre. Entre-temps, vous vous êtes peut-être rendu compte que vous ne saviez rien faire d'autre.

Aux États-Unis, au moins, quand vous perdez une fois, c'est fini pour de bon (à part peut-être Trump, mais on vérifiera ça dans deux ans).

Bon, tout cela me fait penser à Raymond Devos, que j'ai eu le plaisir de voir à trois reprises sur scène. Le sketch date de plus de quarante ans, mais je le trouve toujours très actuel...


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