jeudi 30 août 2018

Prokoudine-Gorski

Par une curieuse coïncidence, Google célèbre aujourd'hui le 155e anniversaire du Russe Sergueï Prokoudine-Gorski (l'orthographe du nom est francisée).
J'évoquais justement cet inventeur il y a quelques jours, à propos d'un article à paraître.
Rappelons que c'est grâce à son procédé de photographie en couleur que fut réalisé le célèbre cliché suivant:

Portrait pour la crème Tho-Radia.

Et cet autre -largement retouché- en dérivait :


samedi 25 août 2018

Boutures

En 2015-2016, Émilien Adage et Anthony Lenoir créèrent l'association Solarium Tournant. Ce nom leur avait été inspiré par la lecture de notre ouvrage Les Solariums tournants du Dr Jean Saidman (Paris, Glyphe, 2010). Nous eûmes d'ailleurs l'occasion de nous rencontrer à Paris, alors que le projet était encore en gestation.

Anthony Lenoir et Émilien Adage 
présentent notre ouvrage et une de nos contributions 
à l'occasion d'un passage à l'antenne de Radio Aix en septembre 2016.

Depuis ce collectif dynamique, dédié à la "production de résidences et d'expositions pensées autour et à partir des recherches en actinothérapie du Dr Jean Saidman", a su déployer ses activités à Flaine et Aix-les-Bains.

Le vernissage de leur prochaine exposition - baptisée tout simplement "Solarium" - aura lieu le samedi 1er septembre 2018, à 18h, dans le cadre dépaysant de la piscine Pétriaux des anciens thermes nationaux d'Aix-les-Bains. On y découvrira des œuvres de Sarah Feuillas, Laurent Millet et Mengzhi Zheng.
Longue vie à l'association Solarium Tournant !

vendredi 17 août 2018

Des images à foison

Je m'apprête à signer d'ici quelques jours le bon à tirer d'un nouveau numéro de la Revue d'histoire de la pharmacie. On y trouvera, entre autres, deux articles:
- Le premier, co-écrit avec Cécile Raynal, est consacré à l'iconographie de Tho-Radia. Y sont évoqués Alfred Mulvidson, le gérant de la SECOR qui commercialisait la gamme de cosmétiques, Tony Burnand, le publicitaire suisse à l'origine des fameuses campagnes promotionnelles, mais aussi le procédé de photographie en couleur Prokudin-Gorskii et la technique d'héliogravure employée. Nous nous questionnons également sur l'identité de l'égérie blonde, dont le portrait fut reproduit sur bon nombre d'affiches. Plusieurs hypothèses sont formulées.
Ce texte, abondamment illustré (en couleur), fait écho à une communication que nous avons récemment donnée aux premières Jornadas de História da Farmácia e Saúde Pública de l'Université de Coimbra (Portugal).
- Un second article traite des films médicaux tournés en France durant la Première Guerre mondiale. Fruit d'une exploration systématique des fonds cinématographiques de l'Établissement de communication et de production audiovisuelle de la Défense (ECPAD), ce texte, lui aussi très illustré, vise avant tout à faciliter la tâche des futurs chercheurs et historiens.

Références:
Thierry Lefebvre, "Une exploration des films médicaux tournés durant la Première Guerre mondiale", Revue d'histoire de la pharmacie, n° 399, septembre 2018, p. 351-367.
Thierry Lefebvre, Cécile Raynal, "Autour de l'iconographie de Tho-Radia", Revue d'histoire de la pharmacie, n° 399, septembre 2018, p. 396-412.

jeudi 9 août 2018

Sons d'antan et bons génies

Puisque l'été est propice aux souvenirs et que les nouvelles ne sont pas fraiches, continuons!
Cela se passait il y a près de trente-six ans, le 12 novembre 1982, dans la petite salle du Centre Pompidou dont j'étais depuis quelques années un habitué (je peux même affirmer que je suis un enfant de Beaubourg: merci Monsieur Pompidou!).
Je devais être assis au premier rang. En face de moi, sur une petite estrade, Jean-Claude Carrière (1931), Denise Tual (1906-2000), Ado Kyrou (1923-1985), Antonio Saura (1930-1998), Maurice Drouzy (1923-1998)...
Le débat s'intitulait "À Luis Buñuel" et je viens de retrouver miraculeusement son enregistrement audio dans les rets du web: on peut le réécouter ICI.
Je dois avouer que j'ai toujours beaucoup aimé Buñuel.
Avant ou après le débat (je ne sais plus), je croisais Pierre Guibbert (1942-2004), qui était à l'époque un des piliers de l'Institut Jean Vigo de Perpignan. J'avais fait sa connaissance quelques mois plus tôt, à l'occasion d'une interview amateur (que je viens également de retrouver, preuve que je fais du rangement!) de Marcel Oms (1931-1993), qui présidait à l'époque cet institut dynamique. J'avais également rencontré Hélène Oms et visité, pour la première fois de ma vie, un centre d'archives cinématographiques (photos, affiches, scénarios, bobines de film, etc.).

Quelques semaines passèrent. Le 17 janvier 1983, Pierre Roura, qui était secrétaire de rédaction des Cahiers de la Cinémathèque (la revue mythique de l'Institut Jean Vigo), m'écrivit une lettre que j'ai précieusement conservée: "Est-ce que cela vous intéresserait d'en faire [de ce débat] un compte rendu pour le prochain n° des Cahiers de la Cinémathèque qui sera consacré au cinéma de l'Espagne franquiste?"
Quel honneur, mais quelle inquiétude aussi! Si je griffonnais de manière très régulière depuis mon adolescence, je n'envisageais pas vraiment d'être publié (ou alors dans mes rêves les plus improbables): je ne disposais d'aucune entrée dans ces milieux, mes seules références étaient Martin Eden de Jack London et quelques biographies d'écrivains appréciés... On n'est pas fils d'ouvrier pour rien, comme aimait à me le rappeler fort gentiment mon regretté père.
Bref, je me lançais sans le moindre conseil: j'écrivais, raturais, me dépatouillais, puis tapais un texte de quelques milliers de signes sur une petite machine à écrire Olympia, que j'ai par la suite perdue de vue. Elle était verte, crachoteuse, achetée d'occasion, un peu dans le style de l'engin ci-dessous... (Je parle évidemment d'un temps où les ordinateurs et logiciels de PAO m'étaient inconnus.)

 

Me connaissant cependant, cette affaire n'avait pas dû traîner. Il faut battre le "faire" quand il est chaud...

Plusieurs mois passèrent sans la moindre réponse. "C'est la vie", dus-je me dire, "mon texte était sans doute sans le moindre intérêt". Entre-temps, il m'était arrivé pas mal de petites aventures (entre autres radiophoniques) et bien entendu, ce texte m'était complètement sorti de la tête. Peut-être même avais-je fait le deuil de ma brève vocation de scribouillard...
Un jour cependant (ce devait être en mars 1985, donc deux ans plus tard!), je me rendis avec deux amies au Salon du Livre de Paris, qui se tenait à l'époque au Grand Palais. Nous nous promenions à travers les stands quand soudain, par le plus grand des hasards, je tombai sur un regroupement d'éditeurs (région Languedoc-Roussillon, me semble-t-il) et y découvris le dernier numéro des Cahiers de la Cinémathèque. Je n'y étais pas abonné (je n'étais abonné à rien) et feuilletais donc l'exemplaire par curiosité. Soudain, mes yeux tombèrent sur mon texte signé de mon nom ("Paris rend hommage à Buñuel", Les Cahiers de la Cinémathèque, n° 38-39, hiver 1984, p. 211-213). Mes amies, auxquelles je montrais la "chose", ne comprirent pas très bien les raisons de mon air enjoué.


En fait, faute d'une bonne identification postale, les courriers ne m'arrivaient plus. Et voilà comment mon "élan" vers le peu que j'allais devenir, faillit être brisé... Fragilité de la destinée, bizarrerie des "circonstances de la vie" comme l'écrivait Ramuz. Et la morale de cette histoire: ne jamais se satisfaire de nos velléités, qui sont innombrables et stériles.
Je repense souvent à ce petite bonheur de rien du tout, mais tellement improbable que je lui trouve encore du charme un tiers de siècle plus tard. Et je repense à Marcel et Hélène Oms, si tragiquement disparus en juillet 1993, et à Pierre Guibbert, mort également de manière prématurée: mes bons génies qui ne le surent jamais.

lundi 6 août 2018

Ramuz retrouvé

Les Nuits de France Culture ont rediffusé, il y a deux ou trois semaines, une émission diffusée pour la première fois le 15 septembre 1978. Son titre: "Relecture: Charles-Ferdinand Ramuz".


Et là, miracle! À quarante années de distance, la mémoire et la saveur de cette émission, que j'avais écoutée en son temps (j'étais adolescent), me sont revenues presque immaculées: la voix de Ramuz, enregistrée en 1939 ou 1940; quelques extraits de L'Histoire du soldat (mimodrame que composèrent ensemble Ramuz et Stravinsky); les extraits de ses romans et essais; et même certaines analyses des spécialistes convoqués pour l'occasion. Rémanence étonnante de l'écoute radiophonique.
En réécoutant l'émission, je me suis même souvenu avoir été particulièrement perturbé quand Hubert Juin avait affublé l'écrivain du prénom de Conrad-Ferdinand. J'ai longtemps cherché une explication à ce lapsus étonnant...
Il faut dire que Ramuz était alors (et demeure) un de mes écrivains préférés. À l'époque, je devais avoir déjà lu Aline, La Grande Peur dans la montagne et Si le soleil ne revenait pas. Et sans doute m'étais-je déjà plongé dans son Journal qu'il m'arrive encore aujourd'hui de feuilleter.

Depuis, j'ai beaucoup fréquenté l'œuvre de Ramuz, j'en possède d'ailleurs l'essentiel: Derborence, Découverte du monde, La Beauté sur la Terre, etc. Ou bien encore Farinet ou la Fausse Monnaie et Le Gros Poisson du lac que je relisais encore il y a deux ou trois mois. Œuvre immense et douloureuse d'un auteur profondément inquiet, à la recherche d'un style qui lui fut propre.
Je me suis rendu en pèlerinage à sa maison de Pully dans le canton de Vaud, sur les bords du lac Léman, qui devrait accueillir prochainement un musée consacré à sa vie et son œuvre. J'ai parcouru les terrasses de Lavaux à la recherche des merveilleux points de vue si souvent dépeints dans ses romans tels que le beau et complexe Passage du poète.

Merci en tout cas à Philippe Garbit et à l'équipe des "Nuits de France Culture" pour ce retour aux sources, qui me donne envie de retourner flâner du côté de Chexbres et de Saint-Saphorin!

samedi 4 août 2018

Christian Warolin, un homme remarquable

Henri Bonnemain (1911-2006), Pierre Julien (1921-2007) et Christian Warolin (1921-2018): ces trois grands érudits, rencontrés alors que je n'étais encore qu'un tout jeune homme, eurent sur moi une influence déterminante. En dépit des nombreuses décennies qui nous séparaient, ils me prirent en amitié et m'initièrent aux charmes des sociétés savantes, que la doxa des années quatre-vingts prétendait condamner à l'oubli ou à l'indifférence. Un monde que j'ai appris depuis à apprécier, au point de me pencher longuement sur son histoire et d'y consacrer, par exemple, un ouvrage dont je suis justement en train de corriger les épreuves et dont il sera bientôt question ici.
Aucun de ces trois hommes n'était universitaire et, à bien y réfléchir, tous trois étaient bien plus que cela: animés par la passion de la connaissance, soucieux du bénévolat qui s'avère de mise dans ces milieux, ils explorèrent des domaines négligés par la recherche stipendiée, sans recourir à ces prolégomènes qui masquent parfois l'inanité du propos.

La mort récente de Christian Warolin, le dernier de mes "trois mousquetaires" de l'histoire de la pharmacie, vient refermer un chapitre de mon existence. Que dire de cet homme tout à la fois modeste et exceptionnel, qui soutint en Sorbonne le 3 mai 1994 (il était alors âgé de près de 73 ans!), une thèse d'Histoire intitulée Le Cadre de vie professionnel et familial des apothicaires de Paris au XVIIe siècle? Ce travail était le fruit d'une exploration minutieuse du Minutier central des notaires aux Archives nationales. En 2013, Christian me fit cadeau des trois tomes revus et corrigés de ce travail monumental, réédité par les Éditions Scripta (54730 Gorcy) sous le titre Apothicaires de Paris au XVIIe siècle. Le cadre de vie professionnel et familial.
Cet éternel jeune homme poursuivit ses travaux jusqu'en 2016 (il avait près de 95 ans!), date à laquelle j'éditais ses tout derniers textes consacrés entre autres aux ascendants de Molière et à Simon Vouet, le peintre de Louis XIII. Je souhaite à toutes et à tous une telle longévité et, par-dessus tout, une telle foi sans cesse renouvelée dans la connaissance gratuite et partagée.


Un souvenir parmi tant d'autres... En 2000, je reproduisais dans la Revue d'histoire de la pharmacie (dont j'avais pris la direction en 1997 à la demande amicale d'Henri Bonnemain et Christian Warolin) deux portraits de Charles Lindbergh, dont un dédicacé. La publication de ces deux clichés, pris en mai 1927 après la traversée historique de l'Atlantique, procura une très grande joie à Christian: il faut dire que son père, Simon Warolin, à l'époque photographe professionnel, en était l'auteur!
Merci pour tout, cher Ami !

vendredi 3 août 2018

Pause

Il fait très chaud au dehors : les feuilles des arbres sont calcinées et les hommes s'échinent à passer le temps. Rien n'a changé depuis trois siècles et demi, "nous n'enfantons que des atomes, au prix de la réalité des choses".
Dans la pénombre bienfaisante, j'attends le printemps et griffonne des mots en écoutant en boucle The Lotus Eaters.

samedi 23 juin 2018

Une nuit dans l'œuvre d'Hervé Guibert

Hervé Guibert fut -je pense- celui qui parla le mieux du sida, crûment et sans détours. Ses autofictions parues au début des années 1990 (À l'ami qui ne m'a pas sauvé la vie, Le Protocole compassionnel, Cytomégalovirus) ont marqué toute une génération.
J'ai croisé à plusieurs reprises ce jeune homme au visage émacié, toujours coiffé d'un grand chapeau, qui me donnait l'impression de s'être échappé des vivants. Il se rendait dans mon hôpital où je lui remettais, en tant que responsable des essais cliniques et de la "réserve hospitalière", son "protocole compassionnel" (zidovudine et didanosine, dans mon souvenir). Nous échangions quelques mots, mais le personnage était en général peu loquace, le plus souvent plongé dans d'obscures pensées.

Tous ses biographes évoquent la terrible nuit du 12 au 13 décembre 1991 où, pour mettre fin au calvaire qu'il endurait depuis plusieurs semaines, Guibert tenta de se donner la mort. Cette nuit dramatique reste gravée dans ma mémoire.
Découvert par ses proches, l'écrivain avait été conduit aux urgences de mon hôpital. Toxicologue de garde cette nuit-là, il m'incombait d'identifier et de doser le ou les toxiques absorbés. Tandis que je centrifugeais les tubes de prélèvement sanguin qu'une infirmière m'avait confiés et que je programmais le TDX (dosage par immunopolarisation de fluorescence) dont j'étais à l'époque un routinier, je me remémorais les romans que j'avais lus et relus, et en particulier À l'ami qui ne m'a pas sauvé la vie où Guibert avait évoqué sans ambiguïté son futur suicide et même le médicament envisagé, qu'il s'était procuré à Rome à l'aide d'une ordonnance falsifiée (cf. le chapitre 87 du roman).
Tandis que l'automate exécutait son programme, les sensations les plus étranges se bousculaient en moi, car je me doutais du résultat bien avant sa restitution factuelle. Je n'ai probablement jamais autant réfléchi aux fragiles limites entre la réalité et la fiction que cette nuit-là.
L'automate donna le résultat attendu: un surdosage extravagant du produit incriminé. Les taux, que je contrôlais les jours suivants, ne décrurent que très lentement.
Hervé Guibert finit par décéder à l'hôpital le 27 décembre 1991...

samedi 16 juin 2018

Un peu de la mousse du temps

Que faisiez-vous le vendredi 27 juin 1986, à supposer que vous fussiez déjà né? Sans trace écrite (agenda personnel, journal intime, etc.) ou argentique, impossible de répondre à ce genre de question. Trente-deux ans se sont écoulés en effet depuis cette date et, comme l'écrivit je crois Lord Byron, "le temps n'est qu'un songe". Il en a en tout cas le caractère évanescent.

Je puis néanmoins documenter avec une certaine précision une partie de cette journée pourtant comme les autres. Ce matin-là, comme assez régulièrement depuis une poignée d'années, je m'étais rendu dans une station de radio. Celle-là occupait le sous-sol d'un immeuble de la place Igor-Stravinsky, à deux pas du Centre Georges-Pompidou et de l'Ircam. J'y animais une émission dont le thème m'échappe, peut-être une revue de presse.

J'étais assis dans le confortable fauteuil de la régie, face au studio proprement dit (pour l'heure inoccupé). Animateur et technicien tout à la fois (le nec plus ultra!), je disposais à portée de main de tout le matériel nécessaire: un micro recouvert d'une bonnette verte, une table de mixage, deux platines tourne-disque, un lecteur de minicassette, un magnétophone à bande, une petit orgue électronique, un poste télé et son magnétoscope, - autant d'entrées-son avec lesquelles j'aimais "jongler". Sans oublier le minitel...

Archives Ina.

Derrière moi, sur une série d'étagères, d'imposantes rangées de 33 tours tapissaient la pièce. Stéphane, aujourd'hui éditeur de son métier, y farfouillait visiblement à la recherche d'illustrations sonores. Sans doute s'apprêtait-il à me relayer.

Quelques dizaines de secondes tirées d'un reportage télévisé restituent cette ambiance à la fois sereine et laborieuse.
Ce matin-là, Alain Valentini, un jeune journaliste reporter d'images d'Antenne 2 (aujourd'hui France 2), s'était rendu sur place pour réaliser un reportage. Diffusé le soir même dans le cadre du journal télévisé de 20h, ce petit document servit à meubler une actualité visiblement guère trépidante.

Un peu de la mousse du temps détaché des archives de l'Ina...

vendredi 15 juin 2018

Éric Duvivier (1928-2018)

J'apprends le décès d'Éric Duvivier. Avec lui, c'est assurément un des grands artisans du cinéma médical qui disparaît, mais également un amoureux du cinéma expérimental.

Sa carrière avait débuté au lendemain de la Seconde Guerre mondiale pour s'achever dans le courant des années 1990, comme en écho au déclin concomitant de l'audiovisuel médical. Je le rencontrai pour la première fois il y a une dizaine d'années dans un café de la place Monge. Le Centre Georges Pompidou, en la personne de Philippe-Alain Michaud, m'avait en effet commandé une notice biographique à l'occasion de l'entrée de quelques-uns de ses films expérimentaux dans les collections du Musée national d'art moderne. Cet article de deux pages, écrit dans l'urgence de la commande, reste en partie valable (mais il y a des erreurs!) et souvent imité (voir la fiche Wikipedia par exemple).

Il y a dix ans...

Par la suite, je le rencontrais à de très nombreuses reprises à son domicile.

Beaucoup de choses ont été écrites depuis sur Éric Duvivier. Mais la plupart sont contestables et souvent opportunistes.
Depuis dix ans, ma recherche a été patiente. Je pense connaître aujourd'hui les tenants et aboutissants de son œuvre atypique, mais également le contexte qui l'a vue naître et s'épanouir. Je remercie tous ceux qui l'ont fréquenté, qui ont bien voulu répondre à mes nombreuses questions et me confier leurs archives. Certains sont malheureusement décédés depuis, mais l'urgence de l'écriture peut parfois s'avérer nuisible.

Mon projet éditorial va aboutir dans un très proche avenir, mais je m'interroge encore sur sa forme. La publication "scientifique", déjà rédigée, est-elle la plus adaptée? Il y a évidemment quelque chose de romanesque dans cette vie et cette aventure, qui dépasse le cadre étriqué du "bla-bla" des "spécialistes" (Éric Duvivier, tandis que je le raccompagnais au terme d'une journée d'étude mollassonne, avait employé cette formule tout à fait justifiée).

vendredi 8 juin 2018

Légende urbaine

Heure des bilans de mi-parcours avec les étudiants. J'aime bien ces discussions à bâtons rompus. Rien de plus intéressant que des jeunes gens qui se cherchent et nous renvoient notre propre image... à quelques décennies de distance.

Et soudain, cette question à brûle-pourpoint d'un étudiant particulièrement sympathique: "Est-il vrai que vous êtes monté sur le toit du Medef et qu'un hélicoptère est venu pour vous en déloger?"
Éclat de rire de ma part : qu'il est drôle de se retrouver le personnage - bien involontaire - d'une légende urbaine!

Eh bien oui, je suis monté sur le toit du Medef, mais bien sûr aucun hélicoptère n'est venu m'en déloger. Je ne suis pas Vin Diesel et j'ai horreur des hélicoptères et des avions, et de tout ce qui fait du bruit et pollue en général. Je suis redescendu de ce toit de mon plein gré, et de la façon la plus décontractée qui fût.

Cela se passait très précisément le vendredi 25 juin 2004 (de nombreuses coupures de presse en témoignent). Depuis quelques mois, je suivais, de manière sporadique et en fonction de mes disponibilités, le mouvement des intermittents, en vue d'en tirer de la documentation et la matière pour un ouvrage mémoriel (et non sociologique). Ce livre n'est jamais sorti (mais il sortira!). On peut en trouver quelques prémices dans Le Monde Initiatives d'octobre 2004, que j'avais supervisé avec André Gattolin et quelques autres.

Bref, informé par Pierre (un des intermittents les plus investis dans ce mouvement à l'époque), je suivis cette "action" à la fois très symbolique et totalement loufoque.

Image : Thierry Lefebvre.

Nous (une trentaine de personnes) montâmes par l'escalier de service d'un immeuble mitoyen du siège du Medef et, au prix de quelques acrobaties hasardeuses, nous nous retrouvâmes sur le toit du syndicat patronal, avec vue imprenable sur la tour Eiffel et tout Paris.

Image : Thierry Lefebvre.

J'y restai trois ou quatre heures, sous un soleil d'enfer, puis j'en redescendis par le même chemin, car d'autres travaux urgents m'attendaient. Les policiers qui cernaient le bâtiment furent d'une parfaite cordialité.


Images : Thierry Lefebvre.

La plupart des "occupants" restèrent en revanche quatre nuits et cinq jours sur le toit! Expérience hors du temps digne de Michel Siffre, qu'ils me racontèrent par la suite et qui relève - me semble-t-il - de la "construction des situations" théorisée par Guy Debord.
Durant le week-end puis à la fin du dernier jour d'"occupation", je me rendis au bas de l'immeuble, où se tenaient des rassemblements débonnaires avec fanfares et comédiens. J'y filmais entre autres Clémentine Autain (alors jeune adjointe au maire de Paris), André Chassaigne (député du Puy-de-Dôme) et beaucoup d'autres. Sans oublier Paul Benayoun, chargé de mission de Jean-Louis Borloo (alors ministre de l'Emploi), dont je ne pus qu'admirer le calme olympien au cours de négociations épiques par mégaphones interposés.

Je dispose sur cet artéfact (et beaucoup d'autres) d'une énorme documentation et surtout de souvenirs inexpugnables. Avis aux éditeurs!

Mais je puis l'assurer : aucun hélicoptère ne survola ce jour-là (ni les autres jours) le toit du Medef!

mercredi 6 juin 2018

Alytes : Alain Dubois et la radio

Des champs à perte de vue. Parfois, un chevreuil effarouché s'éloigne en bondissant. Dans le ciel, une buse tourne patiemment. Et parfois, au détour d'une chemin, une croix de limite miraculeusement préservée apparaît au milieu d'arbres ancestraux et protecteurs.

Photo : Thierry Lefebvre.

J'apprécie ces longues escapades dans la nature. Paul Gadenne en évoquait de semblables au début de son premier roman, Siloé, que je suis en train de lire: "Ils circulaient ainsi pendant des heures, parfois toute la journée, en suivant des itinéraires imprévus [...]."
Il y a également la forêt, le chant des oiseaux, les petits mulots qui trottent, les scarabées nonchalants... Tout cela à une trentaine de kilomètres de Paris!
Soudain, une route départementale sectionne la forêt: un petit crapaud tente bien imprudemment de traverser le cortège des véhicules grégaires. J'interromps la circulation et aide le petit animal à rejoindre un fourré. Sauvé, mais pour combien de temps?

Ce petit crapaud fait partie de la familles des Alytidae. Je n'y connais pas grand-chose, mais j'ai eu récemment le plaisir d'écrire dans Alytes, la revue de l'International Society for the Study and Conservation of Amphibians dont le siège se trouve au département de systématique et d'évolution du Muséum national d'histoire naturelle. La secrétaire générale de la société, Annemarie Ohler, a eu en effet l'heureuse idée de consacrer le tout dernier numéro à la carrière de l'herpétologiste Alain Dubois, ancien directeur du laboratoire reptiles-amphibiens du MNHN et fondateur de cette revue spécialisée.


Alytes est née en 1982 et j'ai connu Alain Dubois deux ans plus tard. Nous animions à l'époque les soirées du samedi d'une radio locale parisienne disparue, Fréquence Libre. Que d'échanges au micro entre nous et les auditeurs! Nous en gardons tous deux un excellent souvenir.


Alain avait créé une sorte de double radiophonique, le professeur Saturnin Pojarski, dont il narra imperturbablement les aventures et la quête éperdue du "chaînon manquant" sur plusieurs stations: Carbone 14, Gilda, Fréquence Libre et Radio Libertaire (où je le remplaçais parfois dans les années 1990). Que de bons moments évoqués dans Carbone 14, légende et histoire d'une radio pas comme les autres, ou dans telle livraison des Cahiers d'histoire de la radiodiffusion.

Les informations sur ce numéro hommage (vol. 36, issue 1-4, 2018) d'Alytes sont disponibles ICI.

mercredi 30 mai 2018

Maurice Séveno et les radios libres

J'apprends le décès de Maurice Séveno (1925-2018), pionnier du journal télévisé en 1949.
Il y a une quinzaine d'années, je l'avais rencontré longuement, avec Jean-Pierre Locatelli, dans son bel appartement de Boulogne-Billancourt. Grande figure du mouvement de contestation à l'ORTF en Mai 68, licencié en représailles, il était devenu, dans les années 1970, le spécialiste de l'audiovisuel au Parti socialiste, tout en gérant à partir de 1973 une petite société de production liée au parti, Unitélédis.

Dès janvier 1975, donc bien avant Radio Verte, il s'était attelé à un projet de "radio libre [...] à l'écoute de ses auditeurs". Il s'agissait là d'une des premières occurrences en France de cette formule qui allait par la suite faire florès, aussi bien dans la presse que dans le débat public. "J'aimerais bien l'appeler Radio Libre, car pour moi c'est vraiment cela", affirmait-il à l'époque dans Libération. Il semble que l'idée lui avait été suggérée durant la campagne présidentielle de 1974 par Claude Perdriel.
Cette première "radio libre" ne vit jamais le jour, mais on retrouva quelques années plus tard Maurice Séveno à la tête de Canal 75, radio illégale lancée quelques semaines avant l'élection présidentielle et saisie le 7 mars 1981 vers 6h du matin.

Après la victoire de François Mitterrand, Maurice Séveno fut réintégré à FR3 et devint un des présentateurs attitrés du JT.
Il est, bien sûr, à de nombreuses reprises question de lui dans mon ouvrage La Bataille des radios libres. Je retranscrirai prochainement son interview inédite.


Ci-dessus, une courte émission du Parti socialiste produite par Unitélédis et animée par Maurice Séveno. Elle fut diffusée sur Antenne 2 le 11 mai 1978, il y a donc un peu plus de quarante ans.
On y évoque les saisies récentes de Radio 93 et Génération 2000 en avril-mai 1978, ainsi qu'une émission brouillée de Radio Noctiluque, ancêtre de Radio Ivre et alors animée par Jean-François Aubac. Aux côtés de Séveno, on reconnaît François Samuelson et Maître Jean-Louis Bessis, tous deux membres de l'Association pour la libération des ondes (ALO).


samedi 26 mai 2018

Algorithme à revoir

Pour les besoins d'un texte urgent, je suis en train de relire un ouvrage que Cécile Raynal et moi avions fait paraître il y a cinq ans : Les Métamorphoses de Tho-Radia (Paris, Glyphe, 2013).


J'en ai également profité pour taper le nom "Tho-Radia" dans le moteur de recherche de Google: environ 21.000 résultats sont annoncés.
Le premier est la fiche Wikipedia, entièrement inspirée de nos divers contributions sur le sujet (merci aux rédacteurs de Wikipedia!). Suivent les pdf de quelques-uns de nos articles anciens, paru l'un en 2002, les autres en 2006 et 2007. Viennent ensuite - et seulement - une émission de France Culture enregistrée au moment de la sortie du livre. Puis un article de synthèse publié en 2013 dans Pour la Science.
Où l'on voit que l'algorithme de Google ne prend guère en compte l'évolution d'une recherche sur un sujet donné, en privilégiant des documents disponibles sous forme de fac-similés (souvent en partie périmés), au détriment des versions ultérieures forcément plus abouties. C'est là un des nombreux défauts du web et il est peu probable qu'il se résoudra dans un avenir proche.

C'est dommage, parce que l'ouvrage de 2013 en apprendrait beaucoup plus aux personnes intéressées par le sujet. Jean-Marc Lévy-Leblond l'avait bien compris en le qualifiant de "livre du mois" dans La Recherche de février 2014.
Le chapitre 5 est, de ce point de vue, exemplaire. Par rapport aux pdf privilégiés par Google, tout y est nouveau... et surprenant. Au terme d'une recherche fastidieuse, nous étions en effet arrivés à la conclusion que Tho-Radia était très certainement une des dernières opérations douteuses de Serge Alexandre Stavisky - le "beau Sacha", si élégamment interprété par Jean-Paul Belmondo dans le film d'Alain Resnais.
Stavisky : l'homme par qui le plus grand scandale de l'entre-deux-guerres arriva... puis les émeutes de février 1934... puis, indirectement, le Front populaire. Peut-être que Resnais aurait trouvé là une source d'inspiration pour un éventuel remake de son film...

À ma connaissance, cette découverte n'a guère reçu d'écho, les lecteurs de l'ouvrage s'étant beaucoup plus attachés à l'aspect pittoresque de cette épopée. Pensez donc: un produit cosmétique à base de radium!

D'autres informations et indices sont également essaimés ici et là dans l'ouvrage: les uns concernent Georges Bonnet, ministre du Commerce et de l'Industrie jusqu'à la fin janvier 1934; d'autres, Walter Stucki qui négocia la reddition du maréchal Pétain en 1945. Etc.

Comme disait l'autre, il faut laisser du temps au temps.

jeudi 24 mai 2018

Paroles gelées

Écoute d'extraits d'émissions de radios libres ce matin à l'Université Panthéon-Assas.
Géraldine Poels m'avait en effet demandé de programmer et d'animer la carte blanche de l'Institut national de l'audiovisuel, proposée dans le cadre du deuxième congrès de la Société pour l'histoire des médias.

Focalisé sur l'année 1978 et plus particulièrement autour du vote de la loi Lecat (qui renforça la répression contre les radiolibristes), ce petit patchwork, issu des collections de l'Ina, donnait à entendre les voix de Félix Guattari, Thomas Sertillanges, Marcel Bleustein-Blanchet, Jean Ducarroir, Patrick Farbiaz, ainsi que de quelques animateurs de Radio Bastille.

J'adore ces capsules de paroles, rescapées d'une époque lointaine (quarante ans !) que je connais désormais par cœur (bien que ne l'ayant pas connue) et dans laquelle il m'arrive régulièrement de me promener en imagination.


Le hall d'entrée d'Assas a bien changé depuis mon dernier passage. Ce devait être vers 1982 ou 1983. À l'époque, tout jeune étudiant et n'ayant pas froid aux yeux, j'étais entré, avec le culot qui me caractérisait alors, dans ce temple inviolable, pour y apposer une affiche de la JOC sur le panneau d'information. Aussitôt, trois malabars m'avaient encadré et raccompagné manu militari vers la sortie. On m'a dit par la suite qu'il s'agissait probablement de trois gentils animateurs du GUD. Mais bon, ce n'était pas écrit sur leur front et le mystère reste entier.
En tout cas, ça reste un souvenir très amusant avec le recul.

samedi 19 mai 2018

Inanité

Et voilà !
Un nouvel ouvrage de terminé ! Relu, peaufiné, élagué, etc. Si tout se passe bien, il sortira cet automne ou cet hiver. Pas du genre mainstream, dieu merci !

Je ne connais rien de plus agréable que cet artisanat de l'écriture, sauf peut-être le grand plaisir que l'on éprouve à crapahuter dans des lieux et des situations insolites.
Bon, il faut le reconnaître : cela prend beaucoup de temps, cela demande même pas mal d'efforts sur soi-même. Efforts quelque peu vains, sans doute. Mais qu'importe... Comme l'a écrit Sénèque, "nous ne vivons que la moindre partie du temps de notre vie; car tout le reste de sa durée n'est point de la vie, mais du temps" (La Brièveté de la vie, un de mes bréviaires). D'où la nécessité de "passer le temps"... et notre société sait y faire.

Cet ouvrage (dont je ne dirai rien pour le moment) désormais terminé, deux autres s'apprêtent à le rejoindre sur l'aire de lancement. Leur rédaction est déjà bien avancée et leurs sujets sont assurément peu communs.
Derrière ces deux-là, ça se bouscule au portillon: deux ou trois autres sont en cours de gestation.
Ci-dessous, un des endroits mystérieux où se pratique cette "maïeutique".
On n'y est guère dérangé car la voie est étroite.

Photo: T. Lefebvre.

vendredi 27 avril 2018

Le hasard

Avec Cécile Raynal, nous présentions lundi 23 octobre 2018 une nouvelle communication consacrée au collège expérimental audiovisuel de Marly-le-Roi. Cela se passait à l'occasion du 143e congrès du Comité des travaux historiques et scientifiques (CTHS), qui se tenait cette année à Paris dans les locaux de l'Inalco. Il s'agissait, si j'en crois mon comptage, de ma 177e causerie (tous cadres confondus).

Le lendemain, je signais le bon à tirer d'un nouvel article.
Celui-là n'est pas le moins étrange. À sa source, quelques lettres sauvées il y a quelques mois dans un tas d'encombrants traînant devant une maison vidée à la hâte. Son ancien propriétaire était mort depuis quelques années, et, pour débarrasser les lieux, le nouvel acquéreur de la demeure avait jeté dans la rue une partie des meubles... et énormément de papiers. Spectacle lamentable, qui me serre le cœur à chaque fois qu'il se reproduit (et il se reproduit malheureusement souvent)!
Parmi les documents que j'exhumais de cette déchèterie improvisée, quelques dizaines de lettres écrites dans les années 1930 par la mère du défunt. Une belle écriture, un style et une orthographe des plus convenables: je me plongeais le soir même dans la lecture de ces fragments épistolaires et reconstituais peu à peu l'existence de cette femme aujourd'hui oubliée de tous.
Une lettre en particulier évoquait longuement la situation professionnelle de son mari. Et là, malgré le caractère en apparence obscur des propos, tout me parut excessivement clair. Par le pur fruit du hasard, j'étais probablement une des très rares personnes sur cette Terre à pouvoir encore donner un sens à l'imbroglio sans nom qui se trouvait exposé dans cette lettre. Un peu comme si cette lettre n'attendait que moi, non seulement pour ne pas disparaître à tout jamais, mais également pour "exprimer" le sens dont elle était encore imprégnée.

Au fond, il n'y a que le hasard qui importe ici-bas. Tout ce que nous programmons est généralement source d'insatisfaction (je parle en tout cas pour moi). Le hasard est source de découvertes et parfois de grands bonheurs.
Le texte paraîtra dans le n° 398 de la Revue d'histoire de la pharmacie (juin 2018). Son titre est tout à fait de circonstance: "Une lettre préservée".

vendredi 30 mars 2018

Épitaphe

Un étudiant facétieux m'envoie une photographie du premier panneau de l'exposition "Effets spéciaux, crevez l'écran", que je n'ai pas vue et qui se tient actuellement à la Cité des sciences et de l'industrie (17 octobre 2017-19 août 2018).

Merci à Benoît Tonson.

Surprise, me voilà cité en exergue de l'installation : "Les trucages naissent de la rencontre fortuite d'un savoir-faire technique et d'une intuition poétique."

Je dois avouer que sur le moment, j'ai cru à une blague. Et cela d'autant plus que je n'avais aucun souvenir de cette phrase visiblement conçue sous l'influence de Lautréamont. On m'aurait attribué une phrase du style "On n'est pas sérieux quand on a dix-sept ans", que je n'y aurais pas plus cru.

Mais bon, Google sait (presque) tout. La phrase en question se trouve bien en exergue de l'exposition, comme on peut le constater sur son site d'accompagnement.
Plus compromettant encore, la phrase figure dans l'avant-propos d'un numéro de revue que j'avais coordonné en 1999. On peut lire cet "édito" (probablement écrit en cinq minutes, sous l'effet de ma drogue préférée, la limonette Milles) à l'adresse suivante:
http://www.persee.fr/doc/1895_0769-0959_1999_num_27_1_1389

J'imagine l'incrédulité des visiteurs (en tout cas de ceux - minoritaires - qui lisent les panneaux): "Mais qui peut bien être cet illustre inconnu?". D'autant que ma formule à l'emporte-pièce côtoie une autre citation, celle-là de Quentin Tarantino.
Qui a pu avoir l'idée aussi loufoque de nous associer ?


Cela dit, j'en ai profité pour relire cet articulet de 1999 et je reste en tout point d'accord avec cette autre phrase: "Nos corps redevenus poussière, les dévotions serviles et les lubies passagères s'évanouiront d'elles-mêmes".
Et j'y ajouterais volontiers ma sentence préférée de Vialatte: "L'homme n'est que poussière, c'est dire l'importance du plumeau."

mardi 27 mars 2018

Nova Club

Sympathique soirée hier dans les locaux de Radio Nova. J'étais invité, avec Jeanne Puchol et Laurent Galandon (auteurs de la bande dessinée Interférences parue il y a peu chez Dargaud), dans le "Nova Club" de David Blot et Sophie Marchand.

Un détail de la verrière de Radio Nova.
Photo : Thierry Lefebvre.

Radio Nova: station mythique s'il en est, créée en 1981 par Jean-François Bizot et dont les premiers chefs d'antenne furent Jean-Marc Fombonne et Andrew Orr (deux des auteurs de la première émission de Radio Verte quatre ans plus tôt).

Visite émouvante dans des locaux appelés désormais à entrer dans l'Histoire, puisque Nova va déménager dans quelques mois.

Petit studio annexe sous la verrière.
Photo : Thierry Lefebvre.

L'émission, particulièrement enjouée, peut être écoutée et téléchargée ICI. Les documents sonores ont été fournis par Joëlle Girard, que je remercie.

jeudi 22 mars 2018

Devinette

Mai 68, c'est reparti !
Cinquante ans après, les célébrations décennales reprennent avec l'anniversaire du mythique "Mouvement du 22 Mars".

Pour rappel, il y a dix ans André Gattolin et moi coordonnions un numéro spécial de feu la revue de l'Institut national de l'audiovisuel : MédiaMorphoses.
Son titre: Les Empreintes de Mai 68.


L'occasion de multiples rencontres avec Daniel Cohn-Bendit, Jean Schalit, Michel-Antoine Burnier, Serge July, Jean-Claude Vernier, Jacques Sauvageot, Pierre Haski, etc.
Ce joyeux bazar est désormais consultable en ligne sur le site de l'INIST (CNRS): pas moins de 43 articles reproduits en pdf, car j'ai bien peur que ce "collector" soit épuisé!

Le numéro complet se trouve à l'adresse suivante:
http://documents.irevues.inist.fr/handle/2042/28175.

Je profite de l'occasion pour reproduire un repiquage volontairement assombri d'une photographie que j'ai prise sur le vif, où l'on voit très bien des graffeurs (comme on dirait de nos jours) en train de peindre des inscriptions à l'entrée de la Faculté de médecine (rue de l'École de médecine, à Paris)... L'un d'eux accroche même un de ces drapeaux rouges, comme on fabriquait dans le temps.
Au fond, on reconnaît la statue de Bichat, qui trône toujours à la même place de nos jours.

Photographie : Thierry Lefebvre.

Non, je plaisante...
Je n'ai pas connu Mai 68 (né trop tard), mais cette photographie n'est absolument pas truquée. Elle fait partie d'un de mes reportages photographiques inédits.

À quelle occasion ces instantanés furent-ils pris?
À vous de deviner avant que je ne les reproduise pour de vrai...

vendredi 9 mars 2018

Meursault/Kruschen

Pourquoi Meursault, l'anti-héros de L'Étranger, collectionnait-il les réclames pour les sels Kruschen? De quoi s'agissait-il? Qui en pouvait en être l'auteur?

J'ai tenté de répondre à ces petites énigmes dans un texte qui paraît ce mois-ci dans la Revue d'histoire de la pharmacie (n°397, mars 2018).
Son titre: "Albert Camus et le grand-père Kruschen".

Le Petit Journal, 12 mars 1937.
© Gallica.

Je poursuis ainsi mes petites enquêtes pharmaco-artistiques, après Alexandre Dumas fils (n°293), Guy de Maupassant (n°316 et 346), Jean Cocteau (n°333), Antonin Artaud (n°334), Francis Picabia, Armand Salacrou et Robert Desnos (n°338), Valery Larbaud (n° 346), Marcel Duchamp et Marcel Schwob (n° 349), Arthur Rimbaud (n°388), sans oublier Mathieu-Georges Gilbert, le pharmacien-dactylographe de Paul Claudel et d'Alain Fournier (n°358).
À suivre...

jeudi 1 mars 2018

Ignorantibus

"Comment sont financées les stations de radio ?" : telle était la question posée sur le répondeur des "P'tits Bateaux" par le jeune Alexandre. Je me suis efforcé d'y répondre tant bien que mal à l'occasion de l'émission du dimanche 25 février 2018. À réécouter ICI.

C'est toujours un plaisir de participer à cette sympathique émission qui fait l'honneur du service public, même si les réponses trop courtes sont forcément incomplètes.

Cela fait des années que l'on m'interviewe ici et là sur le fonctionnement des médias (et sur la radio en particulier). Des dizaines et des dizaines d'heures d'émissions qui doivent s'accumuler quelque part dans des serveurs.
Pour autant, cela fait-il de moi un "spécialiste" ? J'en doute. D'ailleurs, j'ai horreur de ce terme dont aiment à se gargariser bon nombre de mes collègues. On n'est spécialiste que de ses croyances, quand bien même ces dernières paraîtraient étayées.

Finalement, ces émissions -en dehors des observations qu'elles me permettent de faire sur place- laisseront probablement moins de traces que les silex et bifaces des carrières de Saint-Acheul (Somme), où je me promenais hier.

Dans cette carrière, 
des centaines de milliers d'années vous contemplent...
et en particulier l'Acheuléen !
Photo: T. Lefebvre.

mercredi 14 février 2018

Mythologie des radios libres

Hier, à l'occasion de la Journée mondiale de la radio, Jean-François Cadet m'avait demandé de participer à son émission "Vous m'en direz des nouvelles" sur RFI. La bande dessinée de Laurent Galandon (scénariste) et Jeanne Puchol (dessinatrice) -Interférences (Dargaud, 2018)-, qui a pour cadre le mouvement des radios libres, y était présentée par leurs deux auteurs.

Jean-François Cadet, Jeanne Puchol, Laurent Galandon, Thierry Lefebvre.
Photo : Baptiste Antoine (que je remercie).

L'occasion d'un sympathique échange à l'antenne, mais aussi de dédicaces hors micro qui me sont allés droit au cœur. C'est toujours agréable d'être lu et de fournir, parfois indirectement, matière à inspiration pour les uns et les autres. Finalement, c'est pour cela que nous écrivons sans relâche.

Extrait de la dédicace de Laurent Galandon.

Cette émission ainsi que la dédicace de Jeanne Puchol figureront probablement -d'une manière ou d'une autre- dans un prochain ouvrage, sans doute plus subjectif que les précédents. Car j'accumule beaucoup de données et de réflexions depuis un certain temps. 

On peut réécouter "Vous m'en direz des nouvelles" ICI.

samedi 10 février 2018

Longue traîne

Fin 1984 ou début 1985 : en face de moi, dans le petit studio de la rue Secrétan où j'officie depuis près d'un an, sont assis Lucid Beausonge et le regretté Khaled Malki. Je pose le saphir dans le sillon d'un 33 tours et lance cette chanson qui, depuis, est restée gravée dans ma mémoire...


samedi 20 janvier 2018

Intermède

Il ne fait nul doute que l'appétence pour la lecture est un atout en cette époque par trop vouée à la distraction et à la frivolité. Aussi, ce n'est jamais sans une certaine bienveillance que j'observe des jeunes gens plongés dans la lecture d'un livre papier, par exemple dans les transports en commun. Je sais ce qu'il en coûte d'efforts à ces "natifs" que rien ne prédispose plus à tourner les pages d'un ouvrage.

En même temps, je me suis toujours méfié des grands lecteurs (comme des cinéphiles d'ailleurs). J'en ai fréquentés suffisamment pour avoir remarqué que la plupart d'entre eux étaient des consommateurs passifs comme les autres, souvent soucieux de distinction (à l'instar de leurs congénères technophiles). Je crois que Valery Larbaud ne se trompait guère quand il parlait de "vice impuni"...

Je dis cela d'autant plus piteusement que je suis moi-même un grand lecteur, au sens statistique du terme (bien plus de 20 titres par an). Lecteur d'archives bien entendu, de correspondances cela va de soi, mais aussi d'essais, de romans, de pièces de théâtre voire de poésie. Je n'achète pourtant pratiquement plus rien depuis des années: je récupère! Depuis une décennie, nous assistons en effet, sans trop nous en émouvoir, à une véritable extinction de masse: des tombereaux de livres et de papiers de toutes sortes saturent les encombrants de France et de Navarre, ce qui en dit long sur l'opprobre qui affecte désormais cet objet pourtant pluriséculaire. Curieusement, le même phénomène affectait Saint-Pétersbourg au lendemain de la révolution d'Octobre, comme le raconte Agnès Graceffa dans sa belle biographie de Raïssa Bloch qu'elle a eu la gentillesse de m'adresser.

Je récupère donc des livres que je n'ai jamais lus ou alors si mal. Et je les lis les uns après les autres, sans programme préétabli. Cette "méthode" a l'avantage de m'extraire de la contemporanéité dont je me méfie comme de la peste. Et à l'heure des "recommandations" de tout acabit, quel bol d'air que de se plonger, par le pur jeu du hasard, dans des textes ou fragments de Mor Jokai, Fernan Caballero, Joseph Joubert, Benvenuto Cellini ou André Maurois! Quelle reviviscence dans mes relectures de l'abbé Prévost, de Molière ou de Jules Verne! Quel plaisir de hanter les landes des Hauts de Hurlevent aux côtés d'Emily Brontë, de se perdre dans Versailles ou le grand Trianon à la poursuite d'Alfred de Musset (La Mouche), de suivre Jacques Rogy dans ses enquêtes périlleuses ou de relire quelque stoïcien oublié...

lundi 25 décembre 2017

Après la Bataille

On m'interroge sur l'indisponibilité de La Bataille des radios libres (2008, bientôt dix ans!). À ma connaissance, le livre est totalement épuisé et je le regrette: on ne peut donc le trouver que d'occasion, et cela depuis de trop nombreux mois.
Il existe certes une version ePub de l'ouvrage, mais je la déconseille vivement, dans la mesure où je n'y ai pas donné mon aval. Par ailleurs, je n'ai pas pu procéder à un certain nombre de corrections qui me semblaient et me semblent toujours nécessaires.



Autant dire que La Bataille ressortira d'ici un ou deux ans, mais sous un autre titre et un nouvel "angle", avec une nouvelle narration et de très nombreuses informations inédites... Et chez un autre éditeur...
Il faudra donc patienter, mais le résultat devrait valoir la peine.

En revanche, Carbone 14, légende et histoire d'une radio pas comme les autres reste disponible. On peut toujours le coupler avec la docufiction de Jean-François Gallotte et Joëlle Malberg.

lundi 18 décembre 2017

Pour la radio numérique terrestre

La Norvège vient d'"éteindre" sa bande FM. Et seule désormais la radio numérique terrestre (RNT) a droit de cité dans ce pays. L'événement est passé quelque peu inaperçu cette semaine, mais le journaliste Adrien Lelièvre vient de l'évoquer dans le quotidien Les Échos (voir l'article en ligne: "Radio numérique: la Norvège en pointe, la France à la traîne").

Comme on peut le comprendre à la fin de l'article, je suis un ardent partisan de cette mutation, et cela depuis au moins l'arrêté ministériel du 3 janvier 2008 qui devait impulser le passage à la RNT et faire de la France une nation proactive.

Entre-temps, que d'argent et de salive dépensés en vain, que de réunions débilitantes, que de discours creux de la part de ceux qui incarnaient -en tout cas à un moment donné- l'autorité ou ses faux-nez! (Toute ressemblance avec l'Université est purement fortuite :))

Les raisons de cet échec tiennent tout d'abord au choix par le gouvernement Fillon d'une norme inepte (T-DMB), à la fois clivante et coûteuse. Depuis, tout le monde convient que le DAB+ (norme adoptée par la Norvège, mais aussi par la quasi totalité des pays européens) était le choix le plus rationnel.

J'expose les autres raisons à la fin de l'article des Échos. Tout d'abord, l'absence de réelle volonté de la part d'un État à la fois velléitaire et si peu visionnaire, qui a par exemple refusé de préempter des "fréquences" RNT pour le compte de Radio France et de RFI.

Ensuite, l'attitude déplorable des grands groupes généralistes et musicaux, qui se comportent comme de vulgaires rentiers et qui sont en train de tuer à petit feu le média radio. Savez-vous par exemple que NRJ et RTL refusent, depuis bientôt dix ans, d'aller sur la RNT en France, mais qu'ils s'y trouvent apparemment très bien en Suisse, en Allemagne ou en Belgique. Une telle mascarade en dit long.

Je ne vois donc qu'une seule solution: décréter au plus vite l'extinction de la FM en France!

samedi 16 décembre 2017

En revenant de l'expo

L'exposition de la bibliothèque Pierre Bourdan sur l'ancien collège expérimental audiovisuel Louis Lumière de Marly-le-Roi est terminée. Ce fut une belle aventure ponctuée de rencontres et de témoignages: le livre d'or, que nous conservons précieusement, en témoigne.

Il est possible que l'exposition circule dans les prochains mois. En attendant, le livre -Un studio de télévision à l'école- garde l'empreinte encore chaude de cette série d'événements. Les appréciations à son sujet s'avèrent d'ailleurs toujours aussi positives. On peut se le procurer auprès des Éditions Glyphe, qui viennent de procéder à un retirage.

Une page du cahier couleur de l'ouvrage :
les huit premières illustrations du film d'animation conçu par Gérard Anthony 
pour le cours d'anglais de Claudine Lamoine, d'après la chanson "Chicago"
de Crosby, Stills and Nash (vers 1972).

En attendant d'éventuelles prochaines répliques, d'autres ouvrages -sur des sujets variés- sont d'ores et déjà en préparation.

"Les gens lisent de moins en moins", me dit-on... Raison de plus pour écrire de plus en plus!

samedi 2 décembre 2017

Vous avez la mire ?

Soirée très émouvante jeudi soir dans la belle salle de l'Horloge de Marly-le-Roi: Cécile Raynal et moi-même présentions notre livre sur l'ancien collège audiovisuel Louis Lumière devant un public nombreux et chaleureux. Et cela en dépit de la neige qui tombait à gros flocons derrière les vitres.

Cette conférence-débat se prolongea jusque vers 23 heures et fut l'occasion de nombreuses retrouvailles. Elle fut également source d'anecdotes et d'informations inédites. D'ailleurs, autant prévenir d'emblée, ce livre aura très probablement une suite...

La mire du circuit fermé de Marly-le-Roi
retrouvée par Gérard Anthony 
et reproduite dans la 2e édition de l'ouvrage

Un des participants à cette belle soirée - un ancien élève aujourd'hui quinquagénaire - vint me voir à la fin et me fit un compliment qui m'a beaucoup touché: "Vous m'avez permis de comprendre ce que j'ai vécu il y a une quarantaine d'années", avoua-t-il en toute humilité.

Pendant ce temps, l'exposition se poursuit à la bibliothèque Pierre Bourdan jusqu'au 15 décembre 2017...

Photo : T. Lefebvre.

vendredi 1 décembre 2017

Native advertising

Connaissez-vous le native advertising (publicité native, pour les puristes)? Depuis quelques années, ce nouveau format publicitaire gangrène la production journalistique, en particulier sur le web où les annonceurs s'échinent par tous les moyens à contourner les outils de blocage publicitaire.

En gros, le principe est le suivant: la publicité parasite le contenu des articles, qui ne sont plus dès lors que des prétextes, des gélules de pub en quelque sorte.

Parcourant la revue littéraire en ligne ActuaLitte.com, je me découvre instrumentalisé de la sorte et mon impression est pour le moins mitigée.

Comme vous le constaterez, les travaux que nous menons depuis quelques années avec Cécile Raynal servent de prétexte à une incise publicitaire pour un centre de loisirs andorran. Le moins que l'on puisse dire, c'est que le journaliste utilise de gros sabots...

C'est à lire ici : "Plongée au cœur de la littérature thermale".


lundi 27 novembre 2017

L'ancien CES audiovisuel s'expose à Marly-le-Roi

L'exposition sur l'ancien collège expérimental audiovisuel vient de débuter à la bibliothèque Pierre Bourdan de Marly-le-Roi. Elle se prolongera jusqu'au samedi 15 décembre 2017. Au programme, 23 panneaux (conçus par Arnaud Fullenwarth), trois vitrines, deux maquettes (réalisées par Cécile et Guy Raynal) et un montage audiovisuel de 17 minutes (réalisé par Rudy Mahut).

Photos : T. Lefebvre.

Adresse de la bibliothèque : 37 avenue de Saint-Germain, 78160 Marly-le-Roi.
Ouverture : lundi (14h-18h), mardi (14h-18h), mercredi (10h-12h et 14h-18h), jeudi (14h-20h), vendredi (14h-18h) et samedi (10h-12h et 14h-18h).
Entrée libre.


Conférence des auteurs le 30 novembre 2017 à la salle de l'Horloge de Marly-le-Roi (rue Champflour, face à la mairie).

À noter que le livre est très bien reçu. Conséquence : il est procédé à un nouveau tirage. Quelques illustrations nouvelles sont venues se glisser dans l'ouvrage, pourtant déjà abondamment illustré.

vendredi 24 novembre 2017

L'année radiophonique 1987

Je reçois aujourd'hui les Cahiers d'histoire de la radiodiffusion, n° 133 de juillet-septembre 2017.
J'y poursuis une tentative d'exploration des années 80, cette fois-ci avec l'année 1987 qui vit, entre autres, la création de la Commission nationale de la communication et des libertés (CNCL).

En voici le sommaire :

L'année radiophonique 1987,
dossier établi par Thierry Lefebvre

Thierry Lefebvre : Présentation.
Joëlle Girard : De "France Info, c'est l'info qu'il vous faut" à "Deux points: ouvrez l'info".
Philippe Manach : Une figure de la radio: Jean Chouquet.
Thierry Lefebvre : À l'écoute du Réseau Liberté.
Denis Didelon : De Muppies FM à Superloustic.
Sebastien Poulain : Radio Ici et Maintenant face à la normalisation.
Thierry Lefebvre : Futur Génération : d'une crise à l'autre.
Thierry Lefebvre : 1987: essai de chronologie radiophonique.
Marie-France Mazalaigue, Ginette Francequin : Il y a trente ans, Radio G: témoignages.

Cet ensemble ne peut être dissocié des numéros précédents : L'année radiophonique 1984, L'année radiophonique 1985 et L'année radiophonique 1986, que j'avais également coordonnés.

Ce numéro est dédié à la mémoire de Gérard Lemaire et de Malvina.
Malvina (M.-T. Dutriez Pin) fut une des animatrices vedettes de Carbone 14 (au côté de Supernana) et joua un rôle important dans l'aventure du Réseau Liberté de 1987. Il en est à de nombreuses reprises question dans Carbone 14. Histoire et légende d'une radio pas comme les autres. Elle est décédée en mai 1987 et j'aurai très certainement l'occasion de revenir sur son parcours...

Ce numéro des Cahiers d'histoire de la radiodiffusion peut être commandé ici.

vendredi 17 novembre 2017

Petite vidéo

Réalisée par Samia Serri, voici une petite présentation de l'ouvrage Un studio de télévision à l'école. Le collège expérimental audiovisuel de Marly-le-Roi. Avec en guise d'illustrations, quelques-unes des images reproduites dans l'ouvrage.

Merci au service communication de l'Université Paris Diderot !

lundi 13 novembre 2017

De passage à Lausanne

Jeudi 9 novembre 2017 se tenait, à l'Institut universitaire d'histoire de la médecine et de la santé publique et à l'UNIL (Lausanne), une journée d'étude consacrée au cinéma de Nag et Gisèle Ansorge. Nag Ansorge intervint de longues années durant comme cinéaste au centre psychiatrique de Cery.

Le programme de cette journée peut-être consulté ICI.


Ce fut l'occasion de retrouver Donald Crafton, que je n'avais pas revu depuis le colloque Méliès de Cerisy-la-Salle de... 1996. Et également de découvrir Georges Schwizgebel, héraut du film d'animation suisse, venu nous présenter ses films.

Nous vîmes en particulier La Course à l'abîme, réalisée vingt-cinq ans plus tôt.


À noter que les cellulos de son dernier court-métrage, l'extraordinaire Bataile de San Romano, sont exposés, jusqu'au 2 décembre 2017, à l'Atelier 20 de Lausanne.

mercredi 1 novembre 2017

Une grande dame

La presse annonçait récemment le décès de Christine Guérard-Barthélémy, grande dame du thermalisme et de l'hôtellerie. Signalons en particulier ce bel hommage photographique paru dans Sud-Ouest.

Nous l'avions rencontrée longuement en mai 2016, alors que nous préparions, avec Cécile Raynal, l'ouvrage anniversaire de la Chaîne thermale du soleil dont elle était présidente-directrice générale. Son témoignage - passionnant - y est en partie retranscrit.

mardi 31 octobre 2017

En attendant l'expo

À l'approche de l'exposition sur l'ancien collège expérimental audiovisuel Louis Lumière (qui se tiendra à partir du 27 novembre 2017 à la bibliothèque Pierre Bourdan de Marly-le-Roi), signalons un article paru ce jour (31 octobre) dans Le Parisien. Il y est largement question de l'ouvrage Un studio de télévision à l'école. Le collège expérimental audiovisuel de Marly-le-Roi (Glyphe, 2017).

Signé par Benjamin Derveaux et agréablement illustré, cet article/entretien occupe une pleine page du quotidien sous le titre "Il était une fois le collège expérimental audiovisuel de Marly-le-Roi". L'accueil sympathique fait à ce livre nous fait bien plaisir.

Le site des éditions Glyphe : ICI.

dimanche 29 octobre 2017

Jacques Sauvageot

La presse annonce le décès de Jacques Sauvageot, grande figure de Mai 68. Ce que l'on sait moins, c'est que Sauvageot avait cofondé, en 1978, Radio Libre Populaire Saint-Nazaire, au plus fort du mouvement des radios libres.
En 2008, je l'avais interrogé sur cette expérience.

Un extrait de l'entretien - "Nous n'avons pas su pérenniser l'expérience des radios libres" - fut reproduit dans le numéro spécial de MédiaMorphoses que je coordonnais alors avec mon camarade André Gattolin.

On peut relire ce témoignage ici.
Un article de Ouest-France y fait par ailleurs référence:
Jean Delavaud, "L'ex soixante-huitard aimait l'art et les radios libres", Ouest-France, 30 octobre 2017). À lire ici.

lundi 16 octobre 2017

Coïncidences

Vendredi 6 octobre 2017 : me trouvant à Blois, je visite le salon du livre des "Rendez-vous de l'Histoire". Alors que je suis en train de discuter avec un éditeur bourbonnais de ma connaissance, je sens une présence à mes côtés. Je tourne la tête vers ma droite et me retrouve face à... Jean-Michel Blanquer. Petit échange...

Dimanche 15 octobre 2017 : me promenant dans le parc du château de Versailles (où se prépare la prochaine exposition d'art contemporain "Voyage d'hiver"), je longe le Grand Canal (côté ru de Gally). Soudain, qui vois-je arriver vers moi ? Emmanuel Macron et son labrador (et quelques gardes du corps) en train de faire leur footing. Petit échange...

Le monde est décidément petit.

Installation en cours de Cloud Cities
de Tomas Saraceno.
Photo : Thierry Lefebvre.

mardi 10 octobre 2017

La vie de château

Ça se passait vendredi 6 octobre 2017 dans la salle des États Généraux du château de Blois. Énormément de spectateurs, la plupart venus pour voir en chair et en os l'inoxydable Jamy Gourmaud.

Fabrice d'Almeida, Thierry Lefebvre, Jamy Gourmaud,
Anne Georget et Mathieu Vidard.
Photo : N. Soyeux (trouvée sur Twitter).

Rien de transcendant dans ce qui s'est dit (comme souvent dans ces tables rondes), mais l'expérience était amusante et le lieu presque incongru.
Un petit pas de côté dans la Société du spectacle...


Pour se faire une idée du dispositif...

Cette rude journée (quatre interventions!) se terminait dans une plus grande intimité (quoique sur les ondes!), au micro de Radio Campus Orléans. Moment très sympathique, au pied d'une fresque murale spécialement conçue à cet effet par La Fabrique de Blois. Bravo à tous!

Brice Lalonde, Thierry Lefebvre et Anaïs Kien 
face à l'équipe de Radio Campus Orléans
(au fond, Viviane Berreur à la technique).
Photo : Cécile Raynal.