31 décembre 2021

Lire à haute voix

On me signale la fiche suivante: https://catalogue.apidv.org/index.php?lvl=notice_display&id=11931. J'en suis très fier. La Bataille des radios libres figure donc désormais au catalogue de l'apiDV (association "Accompagner, promouvoir et intégrer les déficients visuels", ex-"Groupement des intellectuels aveugles"). Je remercie la personne qui s'est chargée d'en lire des extraits.

Je serais d'ailleurs curieux de connaître le ou les passages choisis, puisque l'enregistrement dure 14 minutes et 47 secondes. Mais la seule existence de ce document sonore suffit à me réjouir en cette fin d'année. 

J'ai terminé hier un texte d'un peu plus de 20.000 signes, très curieux, qui sortira en 2022. J'aime cet état de transe par l'écriture qui m'évite de prêter attention aux contingences inutiles et au babil de mes contemporains. Je crois que c'est une manière d'exorcisme et cela dure depuis près de quatre décennies. Il faut que je trouve vite une autre idée pour escamoter, une fois encore, le 1er janvier.

29 décembre 2021

La carte (bleue) et l'écouvillon

Je ne connais rien de plus pénible que le 31 décembre, en dehors peut-être du 1er janvier et des trop nombreux jours qui les précèdent. J'ai chaque fois l'impression qu'une partie de mes contemporains "disjonctent", s'agitant à hue et à dia, saisis de pulsions consuméristes et de grégarisme paradoxal. Tout cela parce que Jésus aurait perdu un bout de prépuce un 1er janvier, si j'ajoute foi à la fable. On croit rêver.

Cette année est sans doute la pire de toutes. Je n'en reviens pas de voir mes semblables s'agglutiner devant les pharmacies en cohortes de morts-vivants hallucinés, comme ils doivent sans doute le faire aux caisses des supermarchés et des "événements" aussi tapageurs que futiles. Je ne sais pas ce qu'on leur met dans l'écouvillon, mais cela vire à l'addiction.

Oui décidément, "tout le malheur des hommes vient d'une seule chose, qui est de ne savoir pas demeurer en repos dans une chambre". Je retourne donc à mes rêveries et à mes gribouillages.

24 décembre 2021

Au pied de la tour

Revoilà le temps des "fêtes" et son cortège d'agitations. Toutes et tous déclarent vouloir changer de mode de vie, et certains même aspirent à "sauver la planète". Mais rien ne change... absolument rien. Chaque année ressemble à la précédente, on se contente de retourner la clepsydre d'où s'écoulent toujours plus de factice et de banalité. Les simulacres ont décidément la vie dure.

Ces derniers temps, je me régale de Vialatte. Le 26 juillet 1930, il écrivait à son épouse Hélène: "Il me semble par moments, en songeant au temps perdu, que je viens de laisser tomber dans l'eau je ne sais quoi de très précieux qui file sous mon nez sans que je puisse aller le chercher." 

Il y a deux jours, nous étions deux en haut de l'île quasi déserte ci-dessous, à dix minutes à peine de Clermont-Ferrand... Merci la vie pour ce beau mirage!


Photo : Thierry Lefebvre.


11 décembre 2021

Bronski/Amsterdam

Les médias m'apprennent la mort de Steve Bronski (1960-2021). Ne reste désormais plus du légendaire trio Bronski Beat que Jimmy Somerville. C'est peu dire que cette nouvelle m'a fait de la peine.



Steve Bronski (à droite) dans le clip Smalltown Boy (1984)

Je me rappelle comme si c'était hier du moment où j'ai entendu pour la première fois Smalltown Boy, chanson historique s'il en est. C'était dans un disquaire à Amsterdam courant 1984. Depuis, cette mélodie, ces paroles et cette voix inouïe ne m'ont jamais quitté. Un moment de la conscience humaine...


J'avais le même maxi 45T...

10 décembre 2021

L'homme qui ne dit jamais merci

C'était le 7 décembre 2021 dans The Conversation. Avec Sebastien Poulain, nous y avons commis un petit texte richement illustré afin de célébrer, à notre manière, la loi de novembre 1981 portant "dérogation" au monopole d'État de la radiodiffusion. On peut le consulter à cette adresse: https://theconversation.com/radios-libres-retour-sur-le-big-bang-de-la-democratisation-mediatique-171377



En image de tête, on reconnaît le génial Michel Fiszbin (alias Robert Lehaineux, "l'homme qui ne dit jamais merci"), véritable chef d'orchestre des débuts tonitruants de Carbone 14. Je l'avais rencontré pour la première fois le 11 juillet 2001, dans un étrange bureau situé non loin de France Télévisions. Homme sympathique au regard pétillant, qui n'avait pas sa langue dans sa poche. Ça me fait penser que cet entretien reste inédit, comme des dizaines et des dizaines d'autres. Il va falloir que je trouve un dispositif pour pérenniser tous ces témoignages.


À côté de Michel Fiszbin, à l'occasion d'une soirée mémorable organisée par l'Ina à la BnF le 30 janvier 2012.


Cela dit, il n'y a pas que les radios libres dans la vie, même si le sujet m'amuse. Je suis déjà suffisamment "étiqueté" par mes collègues universitaires, qui sont eux-mêmes de vrais code-barres ambulants. Le prochain bouquin qui m'a été commandé parlera d'autre chose. Je m'amuse d'ailleurs à le composer. Rendez-vous autour de l'été 2022, si Brahmā me prête encore vie.

06 décembre 2021

Le regard de Louis Chedid

"Flashback, tu regardes en arrière
Toutes les choses que t'as pas pu faire.
Tu voudrais disparaître dans le rétroviseur,
Mais personne n'a jamais arrêté le projecteur." 
(Ainsi soit-il, 1981)

Je ne suis pas prêt d'oublier ce "check" et ce regard échangé avec Louis Chedid durant son dernier concert. Petite joie singulière...

Merci cher poète pour toutes vos mélodies et paroles!

04 décembre 2021

J'y étais

J'ai retrouvé dans mes archives une mauvaise photocopie d'un article publié en juillet 1986. Une des photographies l'illustrant est reproduite ci-dessous. Elle a été prise le 21 juin 1986 dans la Cour d'Honneur du Palais Royal par un photographe dont j'ignore le nom, à l'évidence depuis la Galerie des Proues. J'y reconnais de gauche à droite, enchaînés aux colonnes de Buren: Stéphane L. et Nad B.; moi-même (montrant un document, très probablement à l'attention d'un autre photographe) et Delphine M.-J.-G.; un policier débonnaire, de dos, qui devise avec Delphine;  Jules P. et, caché en partie par ce dernier, Alain D.



Photographe inconnu. Qu'il se fasse connaître s'il est encore de ce monde !


J'ai vérifié: les colonnes de Buren n'ont été formellement inaugurées que le 30 juillet 1986 par le ministre de la Culture et de la Communication d'alors, François Léotard. On repère d'ailleurs sur le cliché quelques traces persistantes du chantier.

J'ai tenté de prendre récemment une photographie sous le même angle. "Ma" colonne se trouve à droite, il faudrait y projeter mon hologramme. Je fus donc un des premiers à me frotter le dos au marbre des Pyrénées du cultissime "Deux Plateaux".



Photo : T. Lefebvre (octobre 2021).


Plaisant souvenir !