mercredi 30 septembre 2015

La publicité, c'est pas automatique !

C'était le 17 novembre 2014. On m'avait demandé d'intervenir à la Sorbonne dans le cadre d'une journée d'étude sur "Les antibiotiques dans les médias et la publicité, espérances, désenchantement critique, et signaux d'alarmes".

Ce fut l'occasion de dire quelques mots d'une étude ébauchée, avec Marine Corniou et Antoine Andremont, une dizaine d'années plus tôt. Marine Corniou avait réalisé un travail de documentation extraordinaire, avec le soutien logistique de Guy Cobolet, directeur de la Bibliothèque interuniversitaire de santé (BIUS) ; mais les circonstances nous empêchèrent de mener à bien le beau projet éditorial envisagé au départ avec Antoine Andremont.

Le corpus est ici brièvement présenté et les publicités parfois... moquées.
Ça se trouve là : http://epresence.univ-paris3.fr/3/Watch/698141.aspx
Et ça commence un peu après la 26e minute.

Clint Eastwood pose pour un antibiotique en 1966.

lundi 28 septembre 2015

Une exposition sur les solariums tournants du Dr Jean Saidman aux Grands Moulins

À l'occasion de la Fête de la science à l'Université Paris Diderot, se tiendra, du mercredi 7 au samedi 10 octobre 2015 (9h-17h30), dans la cour des Grands Moulins, une petite exposition éphémère consacrée aux "Solariums tournants du Dr Jean Saidman".

Au début des années 1930, le Dr Jean Saidman (1897-1949), médecin français d'origine roumaine spécialisé en héliothérapie et actinothérapie, conçut une machine de soins inédite : le solarium tournant.
Il parvint à en faire construire trois exemplaires : les deux premiers en France, à Aix-les-Bains et Vallauris, le troisième à Jamnagar, dans l'État indien du Gujarat. De nos jours, seul le bâtiment de Jamnagar subsiste.

Le solarium tournant d'Aix-les-Bains (1930).

Cette exposition vise à retracer cet aspect insolite de l'histoire des sciences et techniques, mais aussi de l'histoire de la médecine.
Y sera également présenté le court-métrage Le Solarium tournant d'Aix-les-Bains, réalisé en 1930 et récemment restauré par les Archives françaises du film du CNC.

L'exposition est proposée par Thierry Lefebvre et Cécile Raynal, avec l'aide logistique de Sophie Lafage et Lisa Pak. Remerciements à Violette Delaye, Myrtil Saidman, ainsi qu'à Béatrice de Pastre (Archives françaises du film du CNC).

Adresse : Grands Moulins (Université Paris Diderot), 5 rue Thomas Mann, 75013 Paris.
Métro : Bibliothèque François-Mitterrand.
Une courte conférence sur l'histoire des solariums tournants aura lieu dans les locaux de l'Université Paris Diderot le samedi 10 octobre à 14h.
Le programme complet de la Fête de la science se trouve ici.

Rappel : l'ouvrage dont est tirée cette exposition :
Thierry Lefebvre, Cécile Raynal, Les Solariums tournants du Dr Jean Saidman, Paris, Glyphe, 2010.


vendredi 25 septembre 2015

Les ors de Kapoor (suite et fin)

Quelques jours avant l'inauguration (fin mai 2015).
Photo : T. Lefebvre.

"Dirty Corner", l'installation monumentale d'Anish Kapoor sur le Tapis vert de Versailles, est assurément un "artwork in progress". Elle l'était déjà en mai 2015 (comme on peut le voir ci-dessus), elle le demeure cinq mois plus tard (comme on peut le constater ci-dessous).

Fin (provisoire?) de l'intervention.
Photo : T. Lefebvre.

Au terme d'une semaine d'intervention, sous le soleil et la pluie, la sculpture est désormais partiellement recouverte d'un or du plus bel effet.


Acier Corten et feuille d'or, 25 septembre 2015.
Photo : T. Lefebvre.

Rappelons l'une des raisons de ce remarquable "mashup" : "[...] la liberté de création et d'expression artistiques implique le respect du droit moral de tout auteur sur son œuvre et les formes qu'il entend lui donner, mais que, lorsque cette œuvre est exposée publiquement, cette liberté doit se concilier avec le respect des autres libertés fondamentales s'appliquant dans l'espace public, dont celle protégeant chacun contre les atteintes à la dignité humaine." (Tribunal administratif de Versailles, 19 septembre 2015.)

Post-scriptum (juin 2016) : À lire sur Cairn : 
Thierry Lefebvre, "Pour Kapoor. Exposition “Anish Kapoor Versailles” (9 juin-1er novembre 2015)", Sociétés & Représentations, n° 41, printemps 2016, p. 205-213.

jeudi 24 septembre 2015

50 ans de pédagogie par les petits écrans

Beaucoup de monde hier (mercredi 23 septembre 2015) au centre de ressources du Musée national de l'éducation, à Rouen. S'y tenait une journée d'étude qui faisait écho à l'exposition "50 ans de pédagogie par les petits écrans", présentée au musée depuis le 5 novembre 2014 et jusqu'au 10 janvier 2016.

Photo : Musée national de l'éducation 
(via Twitter).

J'y ai évoqué une recherche menée avec Cécile Raynal sur l'histoire du collège expérimental audiovisuel de Marly-le-Roi. La question, qui est brièvement évoquée dans le bel eBook 50 ans de pédagogie par les petits écrans (en téléchargement gratuit ici), donnera lieu à une publication plus élaborée d'ici quelques mois.

lundi 21 septembre 2015

Anish Kapoor et les ors de Versailles

"Dirty Corner" est en train de devenir une des œuvres les plus controversées de l'art contemporain, bien à tort de notre point de vue. Mais bon, tous les goûts sont dans la nature et, comme nous le savons tous, la nature et ses occupants ne sont pas parfaits.

Le samedi 19 septembre 2015, le juge des référés du tribunal administratif de Versailles a enjoint de faire cesser, "sans délai", l'exposition au public des inscriptions (en partie) antisémites commises par des anonymes le 5 septembre dernier. Décision d'autant plus inutile que, la veille, l'établissement public du château, du musée et du domaine de Versailles avait fait savoir que lesdites insultes seraient prochainement "dissimulées" sous le contrôle d'Anish Kapoor.

Préparatifs pour l'escamotage partiel d'une référence à l'apocalipse (sic), 
d'après un modèle tracé par Anish Kapoor.
Photo : T. Lefebvre.

C'est chose pratiquement faite depuis ce lundi 21 septembre, avant-veille de l'automne annonciateur de la chute des feuilles mortes. L'équipe franco-anglaise du plasticien est entrée en action, masquant, parfois totalement, parfois partiellement, les propos inconvenants des graffiteurs. L'intervention se poursuivra toute la semaine durant.

De l'usage de la peau de chamois sur la feuille d'or.
Photo : T. Lefebvre.

Anish Kapoor a recouru à de la feuille d'or pour recouvrir les inscriptions contestées par la Justice.
Tout un symbole, nous semble-t-il, lorsque l'on sait que "Dirty Corner" se trouve à quelques dizaines de mètres du bassin de Latone, dont les dorures ont été récemment restaurées.

Nul doute que les contestataires y trouveront encore un motif d'insatisfaction...

Une inscription occultée sous l'œil et le portable de Kamel Mennour.
Photo : T. Lefebvre.

Post-scriptum (juin 2016) : À lire sur Cairn : 
Thierry Lefebvre, "Pour Kapoor. Exposition “Anish Kapoor Versailles” (9 juin-1er novembre 2015)", Sociétés & Représentations, n° 41, printemps 2016, p. 205-213.

mardi 8 septembre 2015

Le thermalisme sur France Culture

Le jeudi 10 septembre 2015, avec Cécile Raynal, nous serons les invités d'Aurélie Luneau dans le cadre de son émission hebdomadaire "La Marche des sciences", sur France Culture. Il y sera question de notre ouvrage Du thermalisme à la médecine thermale (Paris, Le Square éditeur, 2015).

Accroche de l'émission : "[...] De l'apanage des nantis au thermalisme social, quelle est l'histoire de cette pratique ancestrale ? Quels sont les bienfaits identifiés de ces eaux qui n'ont pas vocation à guérir, mais à soulager les malades ? Le thermalisme est-il une médecine d'avenir ?"

Peut-être aurons-nous également l'occasion insolite d'entendre Richard Gotainer ?
Pour en savoir plus, rendez-vous sur le site de "La Marche des sciences".

Construction de la bulle panoramique et de la piscine suspendue 
d'Eaux-Bonnes (Pyrénées-Atlantiques), août 2015.
Photo : T. Lefebvre.

P.S. : Finalement, nous n'avons pas entendu Gotainer, alors le voici : https://www.youtube.com/watch?v=dOBmVFeoge4

dimanche 6 septembre 2015

Anish Kapoor à Versailles (suite)

C'est la rentrée des classes.
Quelques jeunes illuminés s'en sont pris, ce matin encore, au désormais fameux Dirty Corner d'Anish Kapoor.

Photo : T. Lefebvre

Résultat : des lignes d'une écriture appliquée, tantôt en majuscules, tantôt en minuscules, qui rappellent un je ne sais quoi des années 1930. On y évoque tour à tour le Talmud, la Kabbale, une citation erronée de Pierre-Joseph Briot ("Du sang, toujours du sang !"), le "juif déviant" (peut-être le Messie ?), la "Sainte Russie", la "Chine éternelle" (sans doute en raison du récent krach boursier ?), le comte de Saint-Germain, le Sacré-Coeur, et j'en passe. Sans oublier le Christ Roy et l'Apocalipse (on écrivait comme ça au XVIIe siècle).

Que penser de tout ce bazar ?
Tout d'abord, que les gens qui ont écrit cela ont été très mal éduqués. Je ne sais pas où et par qui, même si j'ai quelques soupçons.
Ensuite, que la haine des autres est toujours mauvaise conseillère en ce bas monde.

À moins qu'il ne s'agisse que d'un ensemble de contraintes oulipiennes qui déboucheront, un jour peut-être, sur un roman de H. ou un pamphlet d'O. ou Z.

En tout cas, le travail d'Anish Kapoor est visiblement inspirant !

Sectional Body preparing for Monadic Singularity (A. Kapoor).
Photo : T. Lefebvre.

Post-scriptum (juin 2016) : À lire sur Cairn : 
Thierry Lefebvre, "Pour Kapoor. Exposition “Anish Kapoor Versailles” (9 juin-1er novembre 2015)", Sociétés & Représentations, n° 41, printemps 2016, p. 205-213.