samedi 29 février 2020

Black Swan

Je n'ai pas relu The Black Swan (Le Cygne noir) de Nassim Taleb depuis sa sortie en France en 2008, mais il me semble qu'avec le Covid-19, nous entrons désormais dans une configuration du type de celles que décrivait l'essayiste dans son ouvrage, et cela à plusieurs égards.

Il ne s'agit pas de faire ici du catastrophisme de mauvais aloi, dans le style des prophéties dont nous accablent depuis deux ou trois ans les "collapsologues" (alors que, par définition, un "cygne noir" ne peut guère se prévoir). Je crois très fort en la résilience et l'intelligence humaines. Rien n'est jamais écrit!

Mais bon, inutile de surjouer le déni comme le font beaucoup autour de moi, alors que, dans le même temps, le moindre épiphénomène ou propos décontextualisé suffit à les enflammer sur les réseaux dits "sociaux"! 
On se rapproche clairement de grosses difficultés aux conséquences encore incalculables. 


À suivre donc...


*

Dans le même temps... J'ai reçu cette image : autoportrait d'un chercheur qui s'arrête de chercher, pour des raisons qui le regardent. Sous-entendu: les chercheurs (en sciences humaines et sociales, en l'occurrence) sont des lumières. Preuve supplémentaire de la modestie qui caractérise ce milieu d'happy fews.


La douille à vis aurait été imaginée par Thomas Edison (ou l'un de ses sbires). C'est d'ailleurs la raison pour laquelle on l'appelle Edison screw. General Electric l'aurait commercialisée à partir de 1909 sous le nom de marque "Mazda".

Un chercheur est donc, si j'ai bien compris, une ampoule de verre (bulb) montée sur un culot en douille.

samedi 8 février 2020

Le monde d'avant

On s'en rappellera peut-être dans une vingtaine d'années: il y avait une vie avant Wikipedia et les smartphones! Et cette vie était bouillonnante. C'est ainsi qu'on éditait des encyclopédies papier à tour de bras, pour un tout ou pour un rien.

Pigiste à mes heures perdues, j'ai collaboré à plusieurs d'entre elles, j'ai même été "prête-plume" (comme il faut dire dorénavant, quoique les plumes ne soient plus guère d'usage) pour Claude-Jean Philippe. C'est dire.


Lancement de Chronique du cinéma, en 1992.
Mais une des expériences les plus "curieuses" fut celle de Chronique du cinéma. Embarqué dans cette aventure à la demande de Laurent Mannoni et Pierre Lherminier, je me vis livrer, au début de l'année 1992, par la maison d'édition (Jacques Legrand S.A.), un ordinateur pachydermique doté d'un logiciel dédié (Chronicle Software), chargé de veiller au calibrage des articles. Pendant plus d'un semestre, j'ai "pondu" une quantité phénoménale de textes, que j'imprimais sur papier listing et faxais (le web n'existait pas!) au secrétaire de rédaction Pierre-Yves Grasset, qui travaillait pour sa part dans les locaux de Jacques Legrand S.A. à Boulogne.




Quelques éléments d'archives.
Les nombres correspondent au calibrage en lignes.
Ayant pas mal de besogne par ailleurs, je me fis remplacer, au bout de six ou sept mois, par mon camarade Frédéric Delmeulle.

Je garde malgré tout un assez bon souvenir de cette expérience et il m'amuse parfois de retrouver mon nom dans les différentes rééditions de cet ouvrage d'environ 1000 pages. Ce fut un best-seller, mais je n'ai jamais touché un sou au-delà de 1992: c'est là un des "charmes" de ce milieu et j'y reviendrai certainement.

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