12 avril 2026

Souvenir de Seixas à Magnanville

La presse et les médias ne tarissent pas d'éloges sur Paul Seixas après son épatant succès au Tour du Pays basque. Tout le monde est désormais convaincu de tenir là le nouveau crack générationnel. L'avenir nous le confirmera sans doute, mais ce qu'il réalise depuis quelques mois est d'ores et déjà hors du commun.

Celui qui déclarait à quinze ans (il n'était alors que cadet) "tout est toujours faisable", m'avait très agréablement surpris lorsque je m'étais rendu spécifiquement à sa rencontre à Magnanville, il y a un peu plus d'un an, au départ d'une course. "Il me fait penser à Pogačar", écrivais-je alors à son propos. Les jeunes prodiges sont beaucoup plus rares qu'on ne le pense généralement, et il émane d'eux quelque chose qui s'apparente à une aura. Tel était le cas de Seixas en dépit de sa timidité apparente de néo-professionnel.



Paul Seixas, le 2 avril 2025 à Magnanville.
Photo : Thierry Lefebvre.


Je me souviens d'ailleurs de ce déplacement à Magnanville pour une tout autre raison. Je revois parfaitement l'autocar qui me conduisait ce jour-là à Mantes-la-Ville. Je revois ma promenade très instructive au travers des deux villes contiguës. Je me revois devant le porche de l'ancien sanatorium de Magnanville, aujourd'hui reconverti en résidence médicalisée. Je ne savais pas, à l'époque, qu'une recherche de grande ampleur me conduirait, quelques mois plus tard, à revisiter en esprit ce lieu chargé de drames. La femme dont je suis devenu, par un extraordinaire concours de circonstances, l'improbable biographe, y était hospitalisée dans les années 1950. "S'il fait beau, je pense que vous pourrez redescendre à pied de la gare de Mantes (4 à 5 km), la route est jolie et c'est une promenade", écrivait-elle à une amie le 2 octobre 1956. C'est ce que j'ai fait le 2 avril 2025. Les maisons et les immeubles se sont certes multipliés, le trafic routier également, mais j'ai pu visualiser, avant même de m'en préoccuper, ce trajet qui depuis me hante.

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