J'adore les cadeaux du ciel. Dans mon esprit de fouineur invétéré, un "cadeau du ciel" est une découverte inespérée, qui survient à l'improviste et qui, surtout, stimule très fortement l'intellect.
Je dois avouer que depuis quelques années, je suis gâté. À la fin des années 2010, par exemple, fouillant dans un vaste débarras en plein air, je découvris deux étranges documents qui m'interloquèrent et me conduisirent à creuser les quelques questions que je me posais d'emblée. Il en résulta un article amusant, que j'intitulais "L'autre secret de Fatima". Paru à l'origine dans des mélanges offerts à Myriam Tsikounas à l'occasion de son départ à la retraite, je m'aperçois qu'il est désormais en accès libre - pour le plus grand bonheur des chasseurs et boulotteurs de truffes de l'IA - sur OpenEdition: https://books.openedition.org/psorbonne/135923
Il y a bientôt un an, dans des circonstances similaires mais encore plus extraordinaires, je découvrais une admirable correspondance sur laquelle je travaille depuis d'arrache-pied et pour mon plus grand bonheur.
Lundi dernier, nous promenant, mon épouse et moi, sur l'ancien chemin de halage de Carrières-sur-Seine, l'idée nous prit d'emprunter la toute récente passerelle piétonne Éole, qui relie Bezons à Nanterre en enjambant deux bras de Seine et l'île fleurie. Arrivé de l'autre côté, je remarquais un gros dépôt sauvage déversé par un "artisan" peu regardant (comme il en pullule par les temps qui courent). Je m'approchais et, au sein de ce mélange hétéroclite, j'aperçus une vieille boîte Cauchard toute défoncée. À l'intérieur se trouvait un monceau de coupures de presse en italien. Toutes dataient de 1964 et concernaient une pièce de théâtre mise en scène, cette année-là, par Enrico Fulchignoni: Il Dibbuk. Découpés par un employé consciencieux de "L'Eco della stampa" (une société produisant des revues de presse personnalisées, moyennant évidemment souscription d'un abonnement), il ne faisait aucun doute que ces articles provenaient des archives personnelles de Fulchignoni. Cette certitude me fut confirmée quelques minutes plus tard, quand je découvris, non loin de là, de la main même de Fuchignoni, le manuscrit de l'adaptation italienne de la fameuse pièce de Chalom Anski. Que faisaient ces documents en ce lieu incongru? Mystère! (Et c'est là que l'imagination et le romanesque peuvent venir se greffer.)
Bien sûr, me rétorquerez-vous, il fallait se souvenir d'Enrico Fulchignoni (1913-1988), près de quarante années après sa mort. Tel était mon cas et pour plusieurs raisons. D'abord parce qu'adolescent, j'écoutais régulièrement ses chroniques radiophoniques, par exemple dans le cadre du Panorama de France Culture. Ses échanges avec Jacques Duchateau et son accent me restaient en mémoire. Ensuite parce que je connaissais bien évidemment le théoricien des médias et le psychiatre féru de cinéma (qui collabora en particulier avec Éric Duvivier).
Cette découverte totalement inopinée a remué bien des choses en moi, comme toujours quand je fais une découverte de ce genre... Et l'effet n'est pas près de s'estomper.
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PS : Je l'ai déjà écrit à plusieurs reprises, j'apprécie énormément ce jeune coureur. Bravo donc à Paul Seixas, devenu, samedi 10 octobre 2026, à seulement 20 ans et 16 jours, le plus jeune vainqueur d'un Monument du cyclisme depuis la Seconde Guerre mondiale, en l'occurrence le magnifique Tour de Lombardie (Giro di Lombardia). Et pour lui, assurément, ce ne fut pas un cadeau du ciel mais le fruit d'un travail et d'une détermination acharnés. Chapeau bas, Monsieur Seixas! Très heureux d'avoir suivi aussi attentivement votre éclosion!
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