lundi 12 mars 2012

In memoriam Christian Belaygue

La sortie de l'ouvrage du CNC consacré à Jean Comandon coïncide tristement avec le décès de Christian Belaygue (1948-2012), dont on se rappelle qu'il fut le bouillonnant directeur artistique du festival Cinémémoire entre 1991 et 1995. C'est sous son impulsion que furent pour la première fois restaurés, à l'occasion de la troisième édition du festival, deux petites perles de Comandon : Spirochaeta pallida (1909) et On doit le dire (1918, en collaboration avec O'Galop).

Voilà ce que Christian Belaygue répondait à Danièle Heyman (qui l'interrogeait sur la raison d'être d'une section intitulée “Le cinéma contre la syphilis”). À lire dans Le Monde du 28 octobre 1993 (p. 30) :
"Tout est parti de la Cinémathèque française qui a retrouvé Le Baiser mortel, avec Conrad Veidt. C'était intrigant : y avait-il eu d'autres films de cette nature ? J'ai donc écrit à toutes les cinémathèques européennes en leur demandant si elles possédaient des films d'avant 40 sur ce sujet, puisque une fois la pénicilline découverte, cette maladie a été jugulée. À ma grande surprise, j'ai eu énormément de réponses. Puis nous avons fouillé - avec succès - dans les archives du Cinéma aux armées, et, avec Thierry Lefebvre, qui a composé ce programme avec moi, nous avons articulé deux groupes de films: les fictions, pour la plupart des mélodrames édifiants, et les documentaires médicaux, dont un dessin animé de prophylaxie antivénérienne datant de 1929, à l'usage des colonies d'Afrique du Nord et baptisé poétiquement Conte de la mille et deuxième nuit. Et un pionnier du cinéma scientifique, le “portrait” du tréponème pâle, tiré par le docteur Comandon, en 1909..."

Je reviendrai ultérieurement sur les polémiques (idiotes) suscitées par ce cycle innovant. En attendant, je me dois de saluer la mémoire de Christian Belaygue.

"Le cinéma contre la syphilis" (p. 160-174)

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