mardi 7 avril 2020

Avis de recherche

Un de mes plus grands regrets est ne plus retrouver cette belle photographie réalisée par un journaliste professionnel, probablement en 1985. Il ne m'en reste malheureusement plus qu'une vieille photocopie. Et j'ai oublié le nom du sympathique reporter...
Mais où peuvent bien se trouver le positif original et le négatif?




Je l'aurais bien vue (c'est une façon de parler) sur ma tombe, dans l'ovale d'un médaillon funéraire. 
Il faut avoir des projets dans la vie...


*

Rien à voir: une chanson diffusée sur 103.1 MHz le lundi 16 juillet 1984 à 20h30. 
Portez-vous bien, Monsieur Sheller!


lundi 6 avril 2020

Plein de misères

"Il faut en parler, sinon l'on ne vous en parle pas." La formule géniale de Jean Giono (Un roi sans divertissement) n'a jamais été aussi pertinente: elle souligne le caractère épidémique de la parole, et plus encore des opinions toutes faites qu'elle véhicule.

Chacun y va de son couplet. Tout le monde savait, tout le monde avait tout prévu, tout compris, tout le monde sauf évidemment les boucs émissaires. C'est pratique un bouc émissaire, ça sert à conforter les croyances de ceux qui n'ont que ça dans leur besace intellectuelle, et qui ne savent que badigeonner les blessures du monde avec cette "moraline" à deux balles qu'ils sécrètent nuit et jour.

C'est la faute au changement climatique si les chauve-souris sont porteuses de virus. C'est la faute à l'État si les hommes bouffent tout et n'importe quoi. C'est la faute à la révolution industrielle si on ne produit pas assez de masques pour ceux qui souhaitent aller faire leurs courses en toute tranquillité. C'est la faute à nos représentants si la vie n'a pas le sens qu'on lui souhaiterait, si nous sommes tous condamnés à mourir un jour sans trop savoir pourquoi...

Et que je te pétitionne à tour de bras. Si ça se trouve, les mêmes qui demandent que soit largement prescrit un placebo censé soigner ceux qui vont de toute façon guérir, s'insurgent contre l'usage du clonazépam pour soulager, ne serait-ce qu'un peu, la fin de vie de nos grands anciens qui s'asphyxient. Et on sort les grands mots: "euthanasie", "meurtre par ordonnance"... N'ont-ils jamais assisté, impuissants, aux souffrances atroces d'une agonie? Qui sont ces monstres confits dans leurs convictions moyenâgeuses? Est-ce la faute au "lobby pharmaceutique" si on ne prescrit pas, larga manu, ces produits qui ont largement démontré leur efficacité à soulager, à apaiser?

Rappelons-nous novembre-décembre 2019... Que se passait-il en France? Quel psychodrame s'y surjouait encore? On ne parlait que d'une chose... Qui connaît seulement le Dr Jean Méheut-Ferron?

mercredi 1 avril 2020

Lavez-vous les mains !

Qu'on se le dise ! 
(Même si les virus n'ont rien à voir avec les microbes.)

Référence : Lefebvre Thierry, de Pastre Béatrice, « Le petit feuilleton de la santé. Les films hygiénistes de Jean Comandon (1918-1919) », Sociétés & Représentations, 2015/1 (n° 39), p. 33-41. 


Le texte est ici : https://www.cairn.info/revue-societes-et-representations-2015-1-page-33.htm



vendredi 27 mars 2020

Prion médiatique

Actuellement, en France, tout le monde parle du Pr Raoult et de son hypothétique traitement contre le CoVid-19. Des études sont en cours (essai "Discovery" en particulier). Nous en saurons sans doute (un peu) plus dans quelques semaines. Souhaitons simplement pour la santé des malades que ces essais se révèlent positifs!

Je n'ai pas d'avis sur la question, ne disposant pas de données précises (la récente étude de Raoult n'est guère éclairante) ni de connaissances suffisantes dans le domaine des virus de type SARS, n'exerçant plus depuis 23 ans dans ce domaine si particulier de l'expérimentation clinique. Ce n'est visiblement pas le cas d'un paquet de personnes incompétentes (à l'instar d'un vieux politicien roublard et logorrhéique, que je ne nommerai pas), qui s'expriment à tort et à travers dans les médias pour "défendre" ce traitement et son promoteur.

Cette histoire me fait furieusement penser à "l'affaire de la ciclosporine", qui avait fait la une des journaux en octobre 1985, alors que s'étendait la pandémie de sida, et qui avait durablement discrédité la recherche française. Seule différence: en trente-cinq ans, les fronts se sont à l'évidence renversés. 
Le résumé succinct de Wikipedia éclairera ceux qui ont oublié ce moment d'anthologie. C'est ICI.

À l'évidence, nous sommes actuellement aux prises avec deux pandémies qui se nourrissent et se pourrissent mutuellement (tout particulièrement en France, pays des "Lumières", où le terrain devient chaque jour plus propice): l'une est causée par le SARS-CoV-2; l'autre par une sorte de prion médiatique qui vrille nos cerveaux et en laisse s'échapper des cascades de neurones.

Je comprends un peu mieux cette saillie de Coluche, qui m'avait pourtant profondément scandalisé à l'époque (il est vrai que je côtoyais quotidiennement des sidéens, paix à leurs âmes!): "Le sida, ça s'attrape surtout dans les journaux."

jeudi 26 mars 2020

Radio de bric et de broc

Depuis quelques jours, la France semble regretter amèrement la disparition de la Radio Scolaire. Ce fut pourtant un outil remarquable jusqu'à son démantèlement au début des années 1980. Les erreurs se payent cash.
L'histoire édifiante de la Radio Scolaire est rappelée ICI.

En l'absence d'un média hertzien propriété de l'Éducation Nationale, on mobilise donc d'innombrables ressources qui peuvent être écoutées en streaming ou téléchargées par les élèves provisoirement déscolarisés. Tout cela reste cependant assez disparate et confus.

J'ai eu la curiosité de rechercher certaines anciennes émissions auxquelles j'ai pu participer en tant qu'invité par le passé, tant sur France Culture, France Inter, RFI, France Bleu ou Le Mouv'. Beaucoup sont introuvables, probablement enfouies dans les serveurs de Radio France ou de l'Ina.  D'autres sont en revanche aisément accessibles. 2011 semble être une date charnière, mais certaines émissions postérieures ne sont pas référencées ou ne peuvent pas être activées.

Voici une sélection de quelques émissions disponibles. Toutes sont associées à d'excellents souvenirs personnels, mais je ne les ai pas réécoutées depuis. Si certains souhaitent se distraire par ces temps de confinement planétaire...


"Les P'tits Bateaux" (Noëlle Bréham)

       

   

   

   


"La Marche de l'Histoire" (Jean Lebrun)
    

   

   

  
"La Marche des sciences" (Aurélie Luneau)










"La Fabrique de l'Histoire" (Emmanuel Laurentin)




"L'Atelier du son" (Thomas Baumgartner)


mardi 24 mars 2020

Dibango, roi des années 80

J'apprends avec tristesse la mort de Manu Dibango, des suites du Covid-19: une personnalité au charisme et au rire extraordinaires, que j'ai eu à de nombreuses reprises le plaisir de croiser dans les couloirs de Fréquence Libre, avenue Secrétan. C'était en 1984-1985 et il était alors un des habitués de l'émission "Africa Fête" de Nago Seck. 

On trouvera dans mon article "Fréquence Libre à travers les archives de la Commission consultative des radios locales privées" (Cahiers d'histoire de la radiodiffusion, n°125, 2015) une illustration reproduisant un conducteur de cette émission phare de la diaspora africaine (voir p.36). Assurais-je la technique ce jour-là? C'est tout à fait possible (ce qui expliquerait que j'ai gardé ce document), mais je ne m'en souviens plus. On notera en particulier la programmation d'Abele Dance.

On peut trouver le pdf de cet article en accès libre ICI.

lundi 23 mars 2020

Petites incises radiophoniques

Échange téléphonique le mardi 17 mars 2020 avec Blandine Levite, journaliste à la Radio Télévision Suisse (RTS). Il en reste quelques bribes dans l'émission Tout un monde du vendredi 20 mars 2020, présentée par Éric Guevara-Frey sur "la 1ère".



Il faut se représenter le bazar: une sorte de triplex avec B. Levite confinée chez elle, moi chez moi et le technicien nous connectant tous les deux depuis le studio d'enregistrement de la RTS de Lausanne.

Autre petite incise radiophonique dans l'émission Les P'tits Bateaux de Noëlle Bréham, le dimanche 22 mars 2020. La question que me posait Léa était la suivante:  "Quel est le premier film de cinéma qui a utilisé des trucages?"

   


À la fin de la même émission, heureuse coïncidence: une intervention d'Alain Dubois, alias professeur Pojarski, avec lequel je "radiotais" régulièrement dans les années 1980.

vendredi 20 mars 2020

Dans la grotte

On me signale que l'ouvrage Voyage en CO2. De la Grotta del Cane de Naples à la Grotte du chien de Royat-Chamalières est actuellement "indisponible" chez Amazon.


Actuellement indisponible. 

Nous ne savons pas quand cet article sera de nouveau approvisionné ni s'il le sera.


C'est tout à fait normal au vu des problèmes d'approvisionnement et de la situation sociale tendue au sein de cette entreprise. Il s'en est vendu, donc il n'y en a plus en stock.

Même problème sur le site de la Fnac, qui indique :


Stock épuisé






Je ne suis pas sûr que ce livre soit un produit indispensable par les temps qui courent, mais le plus sûr est de le commander directement sur le site de l'éditeur (Éditions Glyphe), à cette adresse:  Commande "Voyage en CO2".

J'en profite pour signaler que trois ouvrages précédemment publiés au Square Éditeur sont désormais en vente sur le site des Éditions Glyphe:
- Du thermalisme à la médecine thermale (ICI)
- L'Épopée des Pilules Orientales (ICI)
- François Mitterrand pirate des ondes. L'affaire Radio Riposte (ICI).
C'est donc là qu'il faut désormais s'adresser en priorité.

Enfin, toujours à propos de l'ouvrage sur la Grotte du chien, signalons un article et un diaporama récemment publiés dans La Montagne. On peut le trouver ICI. On y découvrira les auteurs devant la Grande Cascade du Mont-Dore.

jeudi 19 mars 2020

Stop aux thaumaturges!

Cette nuit, je repensais à mes conversations nocturnes de jadis avec mes camarades réanimateurs de garde de l'hôpital Antoine-Béclère. Des sensations, depuis longtemps enfouies dans ma mémoire, me sont revenues: la lumière tamisée des chambres de malade, les pulsations du monitoring, le chuintement à la fois paisible et inquiétant des respirateurs artificiels.

Alors que des bandes d'ahuris défilent depuis une ou deux semaines dans les pharmacies de ville pour y faire des stocks invraisemblables de paracétamol, mais également de vitamine C, de foutaises homéopathiques et autres "stimulateurs de l'immunité" aussi inutiles qu'irrationnels et coûteux, c'est bien dans ces unités de soins intensifs que se joue la vraie bataille. 
Honneur à ces braves!

Avant la crise, la France disposait de quelque 5.000 respirateurs artificiels, un nombre suffisant pour couvrir les besoins courants, et bien supérieur (le double) aux capacités italiennes. L'épidémie de Covid-19 -qui est avant tout une épidémie sans précédent de syndromes de détresse respiratoire aiguë (SDRA) - va faire exploser les besoins dans les deux mois qui viennent. On s'active bien sûr à l'approche de ce tsunami. Il y en aurait actuellement 7.000 et il est possible que nous dépassions les 10.000 au pic de l'épidémie. Depuis quelques semaines, les industriels du secteur (malheureusement tous étrangers) se démultiplient pour répondre aux commandes faramineuses qui affluent désormais du monde entier (car il ne fait aucun doute, désormais, que tous les pays seront affectés). On fabrique même les valves indispensables au fonctionnement de ces appareils au moyen d'imprimantes 3D, nous informe le site 3Dnatives.com.

Pendant que le génie humain d'une minorité active s'applique à faire face à l'adversité, les charlatans de tout poil continuent à prospérer: pseudo intellectuels habiles à dénoncer mais incapables de se remettre en cause; pseudo soignants roués, habitués à exploiter la crédulité des décérébrés.

En témoigne, par exemple, ce message groupé que m'adresse une personne de mes très lointaines relations: "L'homéopathie a de très bons résultats sur Cov19 [sic]. Prendre des mini granules qui d'habitude sont dans les doses [...] de Lachesis mutus 9CH et de Beryllium metallicum 9 CH dès que l'on se sent atteint (être très à l'écoute de son corps), toutes les 3 ou 4 heures un granule. Le docteur qui me suit [...] n'a eu que des guérisons."
Guérir les bien-portants, c'est décidément tout un art...

Je me suis constitué, ces derniers mois, un gros dossier sur une clique de thaumaturges de cet acabit, à partir d'un petit fonds d'archives miraculeusement (c'est le cas de le dire!) récupéré. J'y reviendrai quand tout cela sera rédigé.

lundi 16 mars 2020

Grégarisme "m'a tuer"

5 mars 2020 : des milliers de chercheurs (en majorité des SHS) et leurs amis manifestent dans les rues de Paris, au pas de l'oie (ou plutôt de la bernache), bien serrés les uns contre les autres, postillonnant à tout-va des slogans mille fois entendus, en l'occurrence pour dénoncer un avant-avant-projet de loi que personne n'a lu (et pour cause, il n'y en a pas encore). Sans doute des spécialistes de l'entropie et du mouvement brownien.




Pratiquement au même moment, d'autres scientifiques, plus rationnels, recommandent la "distanciation sociale" pour tenter d'endiguer une épidémie meurtrière. Voir par exemple ce post de l'OMS, daté de ce même 5 mars 2020: "L'OMS/Europe organise une séance d'information sur le coronavirus..."




Comme quoi, on peut être spécialiste d'un machin et totalement incompétent pour tout le reste.
"Tous responsables", disait feue Anna Karina...

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